L - Quarante femmes dont vous avez changé la vie
Le sujet
L présente sans lien apparent entre eux, les portraits de quarante femmes ordinaires glanés dans le monde entier. Le texte et la photo se complètent pour mettre le lecteur en contact avec un destin conjugué au féminin. On n'apprendra pas tout, loin s'en faut. Il s'agit d'un instantané, comme de l'irruption fugitive d'une histoire vraie, dense.
Deux intentions charpentent l'ouvrage.
La première est de donner à ressentir que chacune de ces histoires est un miracle, le miracle d'une conscience. C'est un rendez-vous avec la dignité humaine qui est proposé. La dignité humaine ne s'explique pas ; elle s'éprouve. La rencontre de chaque femme debout en est, en filigrane, l'évocation.
La deuxième fait état de ce point commun qui relie toutes ces femmes. Toutes ont, à un moment ou l'autre de leur vie, bénéficié d'une expression concrète de solidarité émanant d'un acteur belge (ONG, pouvoirs publics, citoyens individuels). Le livre illustre que la générosité ne s'évapore pas, mais qu'elle porte des fruits réels, qu'elle change des vies.
Un projet de longue haleine
L est le fruit d'un projet qui a duré plus de deux ans. Olivier Bailly et Vincen Beeckman se sont, à la demande d'Iles de Paix, rendu en Amérique latine (Colombie, Equateur et Pérou), en Afrique de l'Ouest (Bénin, Burkina Faso et Mali), en Afrique centrale (Burundi, RDC et Rwanda), en Asie du sud-est (Cambodge, Laos et Thaïlande), au Liban, dans les territoires palestiniens occupés et... en Belgique.
Ils y ont rencontré des femmes renseignées par différents intermédiaires (ONG diverses, pouvoirs publics ou citoyens individuels). Elles se sont livrées. L livre leur portrait.
Le texte de l'introduction de L
"L" parle de femmes et le point de départ est un homme. Dominique Pire. Dernier Belge à recevoir le Prix Nobel de la Paix, en 1958. Cinquante-deux ans plus tard, Iles de Paix, association qu'il a créée, lui rend hommage. À lui et à ses deux moteurs d'indignation. Le premier, c'est une sensibilité exceptionnelle. Il pouvait perdre le sommeil pour une personne que le destin maltraite. Le deuxième, c'est une énergie inépuisable. Il a consacré son existence à améliorer, respectueusement, l'existence de personnes abîmées par les injustices. Voilà. C'est dit. Point. Il ne sera plus question de Dominique Pire dans ce livre. Ou alors en filigranes. Parce que les femmes que vous rencontrerez, bouts déployés d' "L", portent en elles ces deux moteurs.
Elles ont construit debout de nouveaux horizons pour leur famille, leurs enfants. Et elles ne furent pas seules. Naima, Kali, Men Chhun Leang, Marie, Suzanna, Adjaratou, Sok Pallah, et toutes les autres ont en commun d'avoir connu - et de connaître encore, pour certaines - un coup de pouce venu de Belgique. D'une ONG, d'un théâtre, de l'armée, d'un individu à titre personnel, d'associations, etc. Une tendresse gratuite, issue d'une bien étrange impression que pour finir, oui, nous vivons tous ensemble.
Parfois, ces femmes étaient à terre. Souvent, elles n'attendaient rien. Elles étaient déjà en route vers une destinée meilleure, cherchaient la voie, l'avaient parfois trouvée.
Aujourd'hui, le soutien reçu permet à ces femmes de vivre mieux. Dans la vie de chacune, quelqu'un est, un jour, intervenu, l'a accompagnée sous une forme ou une autre, et cela lui a fait du bien. Tout simplement.
La solidarité est une tradition belge dont quarante femmes peuvent témoigner.
Et combien d'autres, encore, aujourd'hui ?
Et combien d'autres, encore, demain ?
Olivier Bailly
Olivier Bailly est un journaliste indépendant. Il est né en 1973 à Waremme. Il collabore avec des journaux tels que Le Soir, Le Monde diplomatique, Politique, Le Ligueur. Il a collaboré avec diverses ONG : CNCD-11.11.11, Oxfam Solidarité, Entraide et Fraternité, Oxfam Magasins du Monde.
Son travail l'amène à questionner et assumer la subjectivité de la démarche journalistique. Avec L, il a pu expérimenter une écriture brute, personnelle, et à la fois rendant très concrètement compte de réalités de société. Ni fiction, ni récit journalistique, « L » est quelque part entre ces pratiques d'écriture.
Il a publié un roman sous le pseudonyme d'Aline Kriek (« Un cancer mon amour », éd. Biliki) et un récit « H1N1, journal angoissé » sur les sites des médias le Soir et Politique.
Vincen Beeckman
Vincen Beeckman est photographe. Il est né en 1973 à Bruxelles. Il est titulaire de plusieurs prix (prix du Parlement de la Communauté française de Belgique 1999, prix de la COCOF 2002).
Il a exposé au Cultuurcentrum d'Hasselt (2006), au Fotomuseum d'Anvers (2009), au Centrum voor Hedendaagse kunst de Bruxelles (2010) et à la Galerie Jacques Cerami de Couillet (2008 et 2010)
Il est associé à l'ASBL Recyclart, un laboratoire artistique, un lieu de création, un centre de formation pour chercheurs d'emploi, de confrontation et de diffusion culturelles, un acteur de l'espace public urbain, un lieu de rencontres et d'expérimentations.
Il mène en parallèle de nombreux autres projets.
Considérations techniques
Parution : décembre 2010.
Format : 230 x 160 x 22 mm, 240 pages.
Prix conseillé : 30 €.
Edité par Iles de Paix avec le soutien de la coopération belge au développement, diffusé par les éditions du Perron.
