La naissance et l'essor d'Iles de Paix
La naissance
La première Ile de Paix a été constituée en 1962.
Dominique Pire a déjà derrière lui une longue histoire d'action efficace. Il a reçu le prix Nobel de la Paix en 1958 pour le travail effectué en faveur des réfugiés.
Des réfugiés, le Pakistan en compte alors des milliers. C’est le résultat des tensions entre l’Inde et ce pays lorsqu’ils accèdent à l’indépendance. On invite Dominique Pire pour aider à résoudre le problème. Lors de sa visite au Pakistan oriental (actuellement Bangladesh), le pays est ravagé par un cyclone dévastateur. Tout est sinistré.
Dominique Pire est frappé par sa rencontre avec les victimes. Il veut faire quelque chose pour ces gens. De retour en Belgique, il s'entoure des conseils de différents experts qui deviendront, par la suite, ses plus proches collaborateurs. Il veut agir, mais il veut tout autant s’assurer que son action soit efficace.
« Agir sans savoir est une imprudence; savoir sans agir est une lâcheté » dit-il.
D’emblée, il rejette l’envoi d’une aide alimentaire et sanitaire
d'urgence. Ce qui l'intéresse c'est ce que l'on pourra faire après la période
de crise aiguë. La misère était immense dans le pays ; elle l’est plus
encore. Le problème est donc énorme, démesuré, insoluble...
Dominique Pire consulte ses trois proches conseillers, l'économiste Jacques Lefevre, l'agronome Vladimir Drachoussoff et le docteur Charles Dricot. Une idée germe : « Et si on aidait un groupe d'hommes et de femmes à prendre son futur en mains jusqu'à ce qu'il puisse évoluer seul? » C'est la naissance du principe du self-help. Elle a, depuis, fait ses preuves partout où Iles de Paix a travaillé.
Plus tard, l’association adoptera un proverbe de Confucius pour exprimer cette idée : « Si tu reçois un poisson, tu mangeras un jour. Si tu apprends à pêcher, tu mangeras toute ta vie. »
En 1962, Dominique Pire lance sa première Ile de Paix à
Gohira. Les moyens sont très limités, mais les gens suppléent :
l’association mobilise toutes les forces vives existantes. Les principes du
self help sont appliqués. L’intervention d’Iles de Paix est limitée à 5 ans et
centrée sur les gens.
En mai 1967, toute l'équipe étrangère quitte le Bangladesh laissant, entre autres signes de succès, trente huit coopératives. « Un seuil d'ébranlement, un point de non-retour ont été atteints dans l'esprit des habitants de l'Ile de Paix. » se réjouira Dominique Pire. La dynamique est autonome ; de nouvelles coopératives voient le jour.
L’essor
Rapidement, Dominique Pire envisage d’étendre son action. Sa démarche est universelle dès lors qu’elle refuse catégoriquement toute arrière-pensée de récupération philosophique, culturelle ou religieuse. Au contraire, il impose le respect profond des idées, des opinions, de la culture et de la religion des hommes et femmes qu'il a en face de lui. C'est le "dialogue fraternel", seconde pierre angulaire de l'action des Iles de Paix.
C’est ainsi que des Iles de Paix apparaissent à Kalakad (Inde, 1968-75), Tombouctou (Mali, 1975-94), Yalogo (Burkina Faso, 1982-99), Bolama (Guinée Bissau, (1989-2003), Pangor (Equateur, 1991-2004), Columbe (Equateur, 2000-05), Jima (Equateur, 2000-07), Zula (Equateur, 2000-07) et San Fernando (Equateur, 2003-07).
Des projets sont actuellement en cours à Molleturo (Equateur, 2001), Pallatanga (Equateur, 2002), Chillanes (Equateur 2003), Huanuco (Pérou, 2008), Toucountouna (Bénin, 2001), Tensobentenga (Burkina Faso, 2001), Yamba (Burkina Faso 2002) Diapangou (Burkina Faso (2004) et Bénéna (Mali, 2002).
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