Les actions de l'Ile de Paix

Dès le départ, l'Ile de Paix met l'accent sur le développement agricole et sur l'amélioration des conditions sociales et médicales. Pour augmenter et diversifier la production agricole, plus de 400 puits sont creusés et 550 hectares de terre, irrigués. Des coopératives octroient des crédits et organisent des formations animées par des moniteurs agricoles.


Mais très vite, les activités sociales s'affirment comme le fer de lance du projet. Les jardins d'enfants, les classes d'alphabétisation et les centres de formation professionnelle se multiplient. Un vaste réseau de soins préventifs et curatifs se développe. Des dispensaires itinérants s'articulent autour d'un hôpital de 30 lits.

 

 

L'action économique

 

La coopérative d'irrigation

 

Les ressources en eau sont très limitées. Les réserves en eau potable, fournies par les anciens puits, parviennent juste à satisfaire les besoins quotidiens (eau de consommation et usage domestique), mais elles ne suffisent pas pour l'agriculture. Cependant, certaines zones, en particulier à l'ouest de Kalakad et dans le bassin de la rivière Panchayar, contiennent d'importantes réserves d'eau, à une profondeur de seulement 5 à 12 mètres. Là, les efforts se concentrent sur un programme de creusement de puits.


La coopérative d'irrigation, fondée en 1971, accorde des prêts aux fermiers pour le creusement de puits et leur mécanisation. Les membres de la coopérative bénéficient aussi de conseils techniques et d'une action sociale intensive durant la période de remboursement. Il s'agit d'aider les familles à creuser, à électrifier et à mécaniser les puits. Par la suite, elles apprennent à faire le meilleur usage de ces nouveaux apports d'eau, en intensifiant leurs méthodes agricoles, et elles peuvent ainsi obtenir de bons rendements deux fois par an.


En 1972, une fondation permanente est prête à être lancée. Celle-ci injectera des fonds dans la coopérative d'irrigation et sera autofinancée grâce aux revenus engendrés par des plantations de palmiers, ainsi que par les intérêts des prêts concédés aux agriculteurs.

 

 

Les cultures expérimentales

 

Des essais ont été réalisés à partir de semences fournies par les stations de recherche indiennes. On s'intéresse évidemment au riz et au coton, cultures traditionnelles du pays, mais on se préoccupe surtout de légumineuses (fèves, pois chiches, petits pois, lentilles, haricots, etc.) à cycle végétatif court convenant aux terres sèches. Par la suite, on a pu démontrer l'avantage de la récolte de coton, même sur la terre rouge et pendant l'hiver, saison durant laquelle le coton n'était pas cultivé jusqu'alors. La production de riz a été nettement améliorée et de nouvelles variétés ont été introduites. Dans des conditions favorables d'irrigation, une récolte moyenne de 7 tonnes à l'hectare est obtenue, contre 3 tonnes en 1966 suivant les méthodes traditionnelles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'action sociale

 

Le centre Frieda Monnier

 

L'hôpital accueille les patients jour et nuit, sans distinction de classe ou de statut. Il est certainement un modèle du genre et, avec son équipe indienne, il constitue un exemple concret du dialogue fraternel. Il a été remis au Collège Médical de Tirunelveli en 1974.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La promotion féminine

 

Des travailleuses sociales ont été formées. Elles visitent les villages les uns après les autres. Visites à domicile, maison par maison, démonstrations culinaires, hygiène, alphabétisation, jardinage, etc. Un travail difficile dans cette société où la femme est considérée essentiellement sous son aspect utilitaire.


Ces assistantes supervisent neuf petits centres sociaux et accueillent, par groupes de douze et pour une durée de quatre mois, des jeunes filles de plus de quinze ans qui viennent y suivre différentes formations : couture, hygiène, cuisine, jardinage, jeux culturels et récréatifs, économie domestique.


La recherche de l'amélioration de la position féminine est constante. Des conférences simples sur l'éducation sexuelle et la famille sont organisées. Dans les villages, on peut parfois trouver d'anciennes élèves qui sont devenues soit formatrices dans leur village, soit couturières installées à leur compte.


Sur le plan de l'alimentation, quelques femmes ont commencé à cultiver des potagers autour de leur maison, en utilisant les graines fournies par le service social d'Iles de Paix. La production de ces potagers, combinée aux conférences sur la nutrition, concourt à améliorer le régime alimentaire des villages.


Une fois par mois, le Club des Dames se réunit au centre social de Kalakad.