Une Ile de Paix, comment ça marche ?

 

Un moteur à trois temps

 

Un projet ou partenariat Iles de Paix doit pouvoir répondre aux préoccupations des populations concernées dans un délai raisonnable d'une dizaine d'années maximum. Cette  durée se décompose en trois phases ou étapes distinctes.

 

L'analyse concertée

 

Cette première étape (un an au moins) permet à Iles de Paix, à une éventuelle structure locale d'appui  et aux futures populations partenaires de comprendre et d'analyser de manière concertée les problèmes d'une région, d'envisager les solutions qui pourraient leur être apportées, d'évaluer le degré de mobilisation, d'organisation et d'implication des acteurs locaux.  Des appuis méthodologiques sont généralement apportés tout comme sont organisées des actions de renforcement des organisations et communautés.

 

Cette phase doit déboucher sur un plan d'action dans la perspective d'une collaboration future plus étroite.  Ce plan, ce sont les principaux intéressés qui doivent l'élaborer, décider de ce qui est bon pour eux. Cette démarche, faite de dialogue et d'échange, prend du temps, mais elle est indispensable. La participation des bénéficiaires au choix des stratégies de développement est un enjeu majeur. Sans cette participation, l'entreprise est vouée à l'échec.        

 

 

 

L'appui intensif

 

Au cours de la phase d'appui intensif (de cinq à huit ans), Iles de Paix est directement engagé aux côtés de ses partenaires pour réaliser le programme de développement qui a été défini. Les actions d'appui peuvent prendre plusieurs formes : investissements productifs, investissements structurants (amélioration du cadre de vie et des services de base), apports techniques et/ou financiers, formations adaptées, soutiens institutionnels et aux organisations, etc.

 

Dans l'optique d'Iles de Paix, un programme de développement n'est pas une feuille de route qui devrait être suivie à la lettre.  Nous nous plaçons au contraire dans une perspective dynamique. Un programme se modifie de manière permanente, au fur et à mesure que s'éveillent les ambitions des gens et leur confiance en leurs capacités, que de nouvelles initiatives et dynamiques se manifestent chez les partenaires.   

 

Il faut cependant se garder de prolonger indéfiniment un partenariat, au risque de faire obstacle à la prise d'autonomie des populations. Il importe de savoir se quitter au bon moment.  Des évaluations et analyses des résultats engrangés et de l'état des dynamiques locales permettent d'en décider avec plus ou moins de précision. C'est aussi affaire, en effet, de « feeling » réciproque.

 

La solidarité continuée

 

Cette dernière phase d'un partenariat n'est pas limitée dans le temps, mais ne doit pas être la poursuite rampante d'une coopération rapprochée.

 

Par la solidarité continuée, Iles de Paix garde le contact avec des partenaires devenus autonomes. Cette démarche permet de capitaliser leurs expériences et de leur apporter, le cas échéant, des appuis ponctuels.

 

Plus sur la solidarité continuée

 

 

Les éléments essentiels d'une Ile de Paix

 

Le self help

 

C'est l'opposé du help, de l'assistance. Iles de Paix est convaincu que le développement passe avant tout par la mobilisation des moyens propres des communautés partenaires. Ses interventions se construisent autour de ces énergies locales

 

Le self help dépasse le concept de participation introduit pour rapprocher les projets de développement venus de l'extérieur des aspirations propres de populations bénéficiaires.

Les interventions d'Iles de Paix apportent un complément à des dynamiques locales qui sont portées par les acteurs concernés. Ces femmes et ces hommes sont au centre de leur processus de développement et en supportent la responsabilité.

 

Une politique de self help a réussi lorsque les gens qu'on a aidés à se développer oublient très sincèrement le rôle que les aidants ont joué dans leur développement et assument pleinement celui-ci, même au prix d'une apparente ingratitude envers ceux qui ont appuyé leur démarrage.

 

Le dialogue fraternel

 

Pierre angulaire de la pensée de Dominique Pire, fondateur d'Iles de Paix, le dialogue fraternel est au cœur des actions de l'association. Il implique une écoute et une attention permanente aux spécificités et différences de l'autre et leur respect.

 

Le long terme

 

 

Les interventions d'Iles de Paix s'inscrivent dans le long terme. L'association s'engage auprès des communautés locales le temps nécessaire, parce que, souvent, les changements en profondeur indispensables au développement prennent du temps.  La durée n'est évidemment pas un objectif en soi. Lorsque les partenaires sont à même de relever seuls leurs défis, Iles de Paix prend de la distance tout en gardant le contact (phase de solidarité continuée).

 

 

 

 

     

La tache d'huile

   

Pour être efficaces, les interventions d'Iles de Paix sont limitées dans l'espace. Il faut dès lors insuffler aux dynamiques soutenues la capacité de s'étendre en tache d'huile. Les communautés voisines de celles avec lesquelles l'association collabore doivent être accueillies par ces dernières pour leur permettre, si elles le désirent, de répéter leurs expériences.