A l'époque de sa licence en sciences sociales et politiques à Louvain (1936-1937), Dominique Pire entre en contact avec la misère humaine.
"A cette époque, je reçus mon premier coup d'éperon, je subis ma première métamorphose. Près de la ville, dans une verte vallée, dormait un château où les Soeurs Missionnaires de l'Enfance s'occupaient des enfants pauvres. J'y allai plusieurs fois. Je n'oublierai jamais le regard de ces petits enfants, se tournant vers la porte au moment où j'entrais dans les salles. Un lent regard où il
Le service social du SEF
y avait de l'inquiétude, de la résignation, de l'espoir, de l'attente. Qu'attendaient-ils ces petits ? Pourquoi tournaient-ils la tête à chaque porte ouverte ? On s'occupait d'eux, pourtant. D'où venait subitement, cette détresse informulée ? Un déclic se produisit en moi : je devais faire quelque chose. Je devais descendre au fond de la pauvreté, comme tant d'autres. La comprendre. Et l'effacer, si je pouvais."

De retour, comme professeur de morale au couvent de la Sarte à Huy, ses activités de prêtre, de professeur et de sociologue le mettent en contact avec la jeunesse. Il fonde un petit cercle de théologie avec des girls-guides de Huy et de Bruxelles. Pendant l'été de 1938, Dominique Pire crée à Huy une petite plaine de jeux dont les premières monitrices sont précisément les girls-guides théologiennes. De là naît un prolongement. Les jeunes filles ont suivi, après les vacances, les enfants rentrés en classe. Elles ont vu la misère de certains foyers. Elles ont donné un coup de main. C'est le germe d'un service d'entraide familiale à l'écoute des plus démunis.
Aujourd'hui, le Service d'Entraide Familiale créé par Dominique Pire accueille toujours les personnes en décrochage social.
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