Ile de Paix de Yamba
Contexte
La commune de Yamba se situe dans la province du Gourma (est du Burkina Faso). Elle compte 27 000 habitants et une quarantaine de villages et hameaux.
Iles de Paix y a entamé ses interventions en 2002, sur un projet de réhabilitation d'une retenue d'eau. Peu à peu, la collaboration s'est diversifiée à des groupements de producteurs villageois, à des associations de femmes et, depuis les élections locales de 2006, à la mairie de Yamba.
Les axes principaux des activités d'Iles de Paix sont le développement des activités agricoles, la diversification économique, l'amélioration des services de base (eau potable et éducation) et un appui à la bonne gestion locale.
La disponibilité de l'eau et sa gestion constituent, pour les populations de cette commune, des enjeux majeurs.
Appuis
De l'eau pour l'agriculture et l'élevage
Quatre à cinq mois de saison des pluies et puis plus une goutte ou presque le reste de l'année. Retenir l'eau, la conserver et l'affecter à la production constituent autant de défis.
C'est le but d'un barrage de retenir l'eau et de constituer des réserves permanentes pour l'abreuvement du bétail et l'irrigation des cultures.
Iles de Paix a réhabilité un barrage et en a érigé un second. Leur vocation est d'abord pastorale : le cheptel de la zone est plus nombreux que par le passé. Ils ont aussi permis l'aménagement de périmètres de cultures traditionnelles (céréales) et de maraîchage (grâce à l'installation de puits et de forages). Des comités locaux assurent la gestion et l'entretien de ces aménagements. Des formations techniques sont dispensées aux cultivateurs. Pour éviter les conflits entre éleveurs et agriculteurs, des pistes à bétail sont balisées entre les villages et les plans d'eau.
Quand une retenue n'est pas envisageable, des terres basses en cuvette (bas-fond) peuvent néanmoins être aménagées d'une manière plus rudimentaire (ou simplifiée), par l'installation de diguettes de terre compactée qui retiennent les eaux de ruissellement.
Cela est moins coûteux et aisément gérable par des groupements de producteurs. Le riz est ainsi cultivé sous irrigation, en cycle court, sur une cinquantaine d'hectares. Les rendements (en moyenne de 4 tonnes par hectares) sont appréciables. Iles de Paix a fourni aux cultivateurs un accompagnement de proximité : diffusion de semences de qualité, formations techniques, mise en place de pépinières, etc.
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Intensifier l'élevage
Le programme en faveur de l'élevage s'est centré sur l'amélioration de l'accès à l'eau et sur le développement des cultures fourragères, qui étaient jusque là peu pratiquées. Plus de 700 producteurs ont suivi des formations sur les techniques de culture, de fauche et de conservation du fourrage. 25 fenils ont été construits.
La disponibilité d'un fourrage abondant a permis de mettre en place des pratiques d'embouche (engraissement) pour les bovins et les ovins. Une cinquantaine d'éleveurs se sont lancés dans cette nouvelle activité.
Tout autre type d'élevage : l'apiculture. Un petit programme d'appui a permis de professionnaliser cette activité. Une douzaine d'apiculteurs traditionnels ont bénéficié d'une formation technique et de crédits pour l'acquisition d'équipements. Ils produisent annuellement plus de 200 kg de miel.
Eau potable et éducation
L'accès à l'eau potable a été au centre d'un programme d'envergure. Il y avait dans cette commune un très gros déficit et, pour y remédier, une quarantaine de forages et quelques puits villageois ont été installés. Ces points d'eau sont gérés par des comités locaux qui prélèvent des redevances auprès des usagers et assurent l'entretien des équipements. Par ailleurs, des réparateurs de pompes ont été formés.
L'éducation manquait aussi d'infrastructures. Le collège de Yamba a été construit et des écoles primaires dans plusieurs villages, ainsi que des logements pour les maîtres.
Par ailleurs, une campagne de promotion de la scolarisation des enfants a été menée dans plusieurs villages, notamment par la production d'une pièce de théâtre itinérante abordant cette thématique.
Bonne gouvernance
Les communes sont toutes jeunes et leurs conseillers communaux souvent peu au fait des tâches qui leur incombent. Des formations à la gestion locale, aux enjeux de la décentralisation, au fonctionnement d'un conseil communal ont été organisées. Les membres de comités villageois de développement et des responsables d'organisations paysannes ont aussi bénéficié de formations visant à les aider à assumer pleinement leur rôle.
