Le 30 juin 1999, l'assemblée générale a adopté une nouvelle charte: la charte 2000 qui réaffirme et explicite la vocation spécifique des Iles de Paix en tant qu'acteur de développement et non pas organisme d'aide d'urgence.
Trois objectifs
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Améliorer les conditions de vie des populations du Sud par le renforcement de la sécurité alimentaire
Premier objectif visé par nos actions: appuyer, le temps nécessaire, tant sur le plan technique qu'organisationnel, la population d'une zone délimitée dans ses efforts pour améliorer son niveau de vie. La priorité est accordée au renforcement de la sécurité alimentaire et à la valorisation des ressources naturelles.
La sécurité alimentaire, qu'est-ce que c'est?
Par sécurité alimentaire, il faut entendre la capacité des individus à se nourrir en quantité et en qualité suffisantes. Depuis quelque temps, en Europe, lorsqu'on évoque la sécurité alimentaire, on veut surtout parler de la qualité des aliments. En réalité, il s'agit là plutôt de la sécurité sanitaire des aliments. Par ailleurs, la sécurité alimentaire, c'est bien plus que la simple disponibilité alimentaire: la nourriture peut, en effet, être disponible mais trop chère pour que les gens puissent se l'acheter. Pour en savoir plus sur la sécurité alimentaire, consultez notre dossier thématique "focus: Sécurité alimentaire".Nous poursuivons cet objectif de sécurité alimentaire de plusieurs façons. Tout d'abord, il s'agit de stabiliser et d'augmenter les rendements de l'agriculture et de l'élevage par l'amélioration des techniques et systèmes agraires locaux et par l'amélioration de l'accès aux facteurs de production (intrants, terre, eau, crédit). Ensuite, la mise en place de mécanismes de stockage et de conservation des récoltes doit permettre une stabilisation des prix de la nourriture et de meilleures opportunités de commercialisation. Enfin, la sécurité alimentaire peut être atteinte par une diversification des sources de revenus et donc des activités et emplois en milieu rural; ce qui implique que notre action ne se limite pas au secteur agro-pastoral.
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Renforcer des compétences et des organisations
La durabilité d'une dynamique de développement est conditionnée par la capacité des acteurs à prendre leur destin en mains, ce qui nécessite des compétences d'analyse, de décision et de gestion. Il est donc important de renforcer ces capacités à travers des activités de formation ou d'auto-formation : alphabétisation, formation professionnelle, échanges Sud-Sud... Parallèlement, les organisations, mouvements associatifs ou administrations locales responsables de la gestion d'infrastructures collectives sont accompagnés dans l'amélioration de leur fonctionnement à travers des actions de renforcement institutionnel (appui organisationnel, méthodologique ou technique).
Dans ce volet "formation", notre apport est principalement méthodologique. En leur apportant une méthode, nous permettons à nos partenaires de se construire leur propre savoir.
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Ouvrir le Nord aux réalités du Sud
Depuis 1970, notre association s'investit dans un projet d'éducation aux réalités du développement : Faire savoir pour faire agir et ré-agir, sensibiliser le Nord aux réalités du Sud en s'appuyant, notamment, sur nos expériences de terrain, systématiquement évaluées et analysées. En nous gardant de tout misérabilisme ou simplification réductrice, nous nous efforçons de faire connaître les actions collectives et individuelles entreprises par les populations locales, ainsi que les aspects positifs de leur patrimoine social et culturel pour l'engagement de telles actions.
Trois phases d'action
Le soutien des Iles de Paix à une dynamique locale se fait en trois étapes successives, nécessaires pour répondre aux attentes de la population et assurer le caractère irréversible des transformations.
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Analyse concertée
Cette phase poursuit un double objectif. D'une part, il s'agit, pour les Iles de Paix et leurs partenaires, de mieux se connaître mutuellement. Ensemble, nous analysons les réalités et contraintes au développement de la région et évaluons l'opportunité d'une collaboration plus poussée. D'autre part, cette phase doit permettre à l'organisation locale et aux Iles de Paix de mettre sur pied un plan d'action commun. Cette phase peut également être l'occasion de premières actions de renforcement institutionnel ou méthodologique.
durée indicative de la phase d'analyse concertée: 3 à 12 mois
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Appui
A ce stade, les partenaires mettent en oeuvre les actions identifiées lors de la phase d'analyse concertée. Dans ce but, nous leur fournissons deux types d'appui principaux :
- un appui institutionnel qui doit conduire au renforcement des dynamiques locales sur le plan organisationnel, méthodologique et technique,
- un appui financier qui doit permettre au partenaire de dépasser les obstacles qu'il rencontre dans l'atteinte de ses objectifs: investissements productifs collectifs, formation, fonds de crédit, ...
Un mécanisme commun d'évaluation de la collaboration est mis en place et permet à chacun d'envisager, le cas échéant, la réorientation voire l'arrêt du partenariat ou du projet.
durée indicative de la phase d'appui: 5 à 7 ans
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Solidarité continuée
Durant cette phase, la communication avec le partenaire est maintenue dans l'esprit d'un échange et d'une capitalisation d'expériences. Des interventions ponctuelles de consolidation technique ou institutionnelle sont encore envisageables, si nécessaire.
durée indicative de la phase de solidarité continuée: n/a
Deux zones de concentration
Pour le moment, les Iles de Paix concentrent leur soutien aux dynamiques locales de développement dans deux régions géographiques précises. En fonction des opportunités, il peut bien sûr exister des exceptions.
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L'Afrique de l'Ouest soudano-sahélienne enclavée
L'Afrique de l'Ouest soudano-sahélienne enclavée comprend des pays comme le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le nord du Togo et le nord du Bénin. Elle est caractérisée par des conditions climatiques aléatoires pour l'agriculture et un certain isolement par rapport aux marchés mondiaux. Dans cette zone, nous avons déjà été actifs au Mali (Tombouctou, 1975-1994) et au Burkina Faso (Yalogo, 1982-1999). Actuellement, des partenariats sont en cours au Burkina Faso (Mahadaga, 1999-) et des pistes sont poursuivies au nord Bénin. Une structure régionale des Iles de Paix accompagne les dynamiques de cette zone depuis Fada N Gourma ville de l'est du Burkina Faso (2000-).
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L'Amérique Latine andine
Dans cette zone qui traverse l'Amérique Latine du nord au sud, nous travaillons avec des populations indiennes. Cette région est caractérisée par des conditions agricoles très difficiles (culture à flanc de montagne) et une marginalisation des populations indiennes dans la société. Nous sommes actifs pour l'instant en Equateur (Pangor, 1994-). Des pistes de partenariat existent également à l'heure actuelle en Bolivie.