Au sud : des Iles de Paix autonomes et en cours
Qu'est-ce qu'une Ile de Paix ?
Une Ile de Paix, c'est une communauté d'hommes et de femmes avec qui nous partageons une certaine conception du développement et avec qui nous décidons de faire un bout de chemin ensemble. Cette approche repose sur un travail de fond et de long terme, sur la mobilisation des compétences et moyens techniques ou matériels de groupes concernés par les activités et décidés de prendre leur destin en mains (self-help) et sur un véritable dialogue d'égal à égal (dialogue fraternel)
Si notre ONG a joué un rôle moteur pour la mise sur pied des premières Iles de Paix, toutes les nouvelles Iles de Paix reposent entièrement sur des structures locales porteuses de leurs propres projets, conformément à l'esprit de la charte 2000. En effet, depuis quelques années, nous entretenons des relations plus soutenues avec des associations partenaires qui nous ont contactés pour bénéficier de notre expérience et savoir-faire. Dès le départ, nous nous efforçons d'établir une relation équilibrée afin d'éviter que partenariat ne rime avec filialisation.
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Les Iles de Paix autonomes
Depuis 1962, cinq Iles de Paix ont pris leur envol : elles sont autonomes. Il s'agit des Iles de Paix de Gohira (Bangladesh, 1962-1967), de Kalakad (Inde, 1968-1975), de Tombouctou (Mali, 1975-1994), de Yalogo (Burkina Faso, 1982-1999) et de Bolama (Guinée Bissau, 1986-2002). A l'arrivée des Iles de Paix, toutes ces zones sont caractérisées par une situation de déséquilibre important (inondations, famines, ...). Notre action s'attache à rétablir les équilibres sur des bases plus solides tant sur le plan matériel que sur celui des capacités des populations locales à s'organiser. C'est ainsi que, dans chaque Ile de Paix, nous avons recherché des solutions structurelles aux problèmes de la région. Point commun de ces quatres Iles de Paix autonomes: l'intensification de l'agriculture pour une meilleure sécurité alimentaire. Cette intensification s'est faite dans le respect des traditions et cultures locales. Plutôt que d'importer des techniques occidentales, nous avons tenté, dans la mesure du possible, d'améliorer les solutions locales.
Pour nous, autonomie ne signifie pas désintéressement et abandon. Lorsque nos partenaires se sont sentis suffisamment forts pour poursuivre seuls leur route, nous les avons laissé voler de leurs propres ailes. A ce moment, ils possèdent tous les outils nécessaires non seulement pour poursuivre, mais aussi pour essaimer notre action commune. C'est ainsi, par exemple, que, plus de 30 ans après notre départ de Gohira, le nombre de coopératives agricoles dans la région a quintuplé, et que près de 15 ans après le transfert du périmètre irrigué de Korioumé à une coopérative locale, la superficie cultivable par irrigation a quadruplé dans la région de Tombouctou.
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Les Iles de Paix en cours
Pour le moment, Iles de Paix intervient dans deux grandes régions, au Sud : la zone andine de l'Amérique Latine (Equateur, Bolivie) et la zone soudano-sahélienne en Afrique de l'Ouest (Burkina Faso, Bénin). Une implantation dans d'autres pays de ces zones (Pérou, Sénégal, Mali,...) est à l'étude.
La vallée du Pangor se situe au milieu des Andes, en Equateur. Là-bas, des communautés indiennes pratiquent l'agriculture et l'élevage dans des conditions particulièrement difficiles: l'altitude varie de 1500 à 4000 mètres. Depuis 1995, l'Isla de Paz de Pangor travaille avec ces communautés marginalisées à l'amélioration de leur quotidien selon trois axes. Le premier vise à améliorer les compétences locales en agriculture et élevage à travers la formation de "tecnicos", ces techniciens villageois qui offrent leurs services (vaccination, diffusion des connaissances agricoles,...) à leurs compagnons. Le deuxième vise à mieux préserver les ressources naturelles : aménagement de terrasses anti-érosives, protection des sources, fabrication d'engrais naturels,... Enfin, le troisième axe vise à améliorer l'accès de nos partenaires au crédit. Il ne s'agit pas de mettre sur pied une structure d'épargne et de crédit parallèle, mais de faciliter l'insertion de ces paysans indiens dans le circuit bancaire formel.
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Dans l' Est du Burkina Faso et au Nord du Bénin, Iles de Paix, accompagne les efforts d'amélioration de leur sécurité alimentaire portés par des structures locales (organisations paysannes, collectivités,...). Notre soutien consiste d'une part en un appui méthodologique pour renforcer les capacités de nos partenaires de terrain et, d'autre part, en un appui financier pour le permettre de mettre en oeuvre les actions qu'ils ont identifiées. Actuellement, nous travaillons de façon plus intensive dans trois localités : Tensobentenga (Burkina Faso) notamment avec l'association Song Taaba, Toucountouna (Nord-Bénin) notamment en collaboration avec l'Union Sous-Préfectorale des Producteurs et Yamba (Burkina Faso) avec plusieurs acteurs locaux. Parallèlement à l'accompagnement direct que nous apportons à ces partenaires, Iles de Paix favorise également la capitalisation et la diffusion d'expériences paysannes ainsi que la dynamisation des échanges entre organisations paysannes de la zone.
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Au Nord: des outils d'animation, un réseau de solidarité et des partenariats
Une opinion publique éclairée et agissante, voilà le voeu que formule Dominique Pire un mois avant sa mort. Nous continuons de contribuer à la matérialisation de ce voeu à travers notre travail d'éducation aux réalités du développement. Sur la base de notre expérience particulière du développement, nous essayons de mieux faire comprendre en Belgique les réalités vécues par nos partenaires du Sud. Animations dans les écoles, dossiers pédagogiques, reportages vidéo, échanges Nord-Sud sont un éventail des outils que nous mettons en oeuvre à cet effet.
Chaque année, à la mi-janvier, en hommage à Dominique Pire et afin de prolonger son engagement, l'occasion est offerte aux personnes qui ont été touchées par notre message de donner un peu de leur temps à la mise en oeuvre de notre campagne annuelle de récolte de fonds.
Depuis quelques années, nous accompagnons également un certain nombre d'associations du Nord qui désirent apporter leur contribution aux efforts de développement du Sud. Grâce à nos conseils, tirés d'une expérience de plus de 30 ans, et à notre soutien méthodologique, leurs actions peuvent gagner en efficacité.
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