Kalakad autonome

 

Cinq ans après, en bref

 

 

Aire d'influence

 

Le block de Kalakad comprend une vingtaine de Panchayats (entités administratives regroupant plusieurs villages chacune). L'Ile de Paix rayonne sur une superficie de vingt-cinq mille hectares, peuplés d'environ quatre-vingt mille personnes.

 

Développement social

 

Les travailleuses sociales formées sur place continuent leurs efforts pour une amélioration du sort des femmes. Elles proposent des activités telles que l'alphabétisation des adultes, la tenue de classes d'hygiène, de couture et de travaux à la main (crochet, tricot, tressage, etc.). Elles prodiguent des conseils de nutrition et pour l'entretien des jardins potagers. Elles créent des jardins d'enfants (alimentation, santé, etc.), des centres de formation et des clubs féminins dans les villages. Les travailleuses sociales ont par exemple ouvert six nouveaux jardins d'enfants sur le modèle du premier. Ils ne désemplissent pas.

 

Développement de l'irrigation

 

Le département hydraulique effectue des forages d'essai pour le creusement de nouveaux puits d'irrigation, et donc pour l'exploitation de nouvelles terres. Par ailleurs, il effectue des forages à grande profondeur (eau de consommation), loue du matériel "lourd" et assure la maintenance. Quand les forages d'essai se révèlent positifs, la coopérative d'irrigation prête aux fermiers les sommes nécessaires au creusement des puits et à l'acquisition des pompes. 67 puits ont été creusés depuis 1968 et 161 approfondis. 428 fermiers ont adhéré à la coopérative d'irrigation. Le quart des puits creusés l'ont été après le départ des Européens.

 

Développement agricole

 

L'objectif reste d'augmenter les rendements, de mettre en valeur les terres sèches non irriguées et d'assurer le suivi. Ceci passe par l'introduction de variétés nouvelles, la démonstration de techniques d'irrigation et culturales nouvelles, l'utilisation d'engrais spécifiques, la sélection et la reconstitution du cheptel, etc. Par ailleurs, l'Ile de Paix a avancé à sept paysans sans terre l'argent nécessaire à l'exploitation d'une ferme collective de trente-quatre hectares (riz, bananes, coton, mangues).

  

Développement de la santé

 

L'hôpital est le seul du district. Les soins (maternité, maladie, petite chirurgie et cas d'urgence) y sont entièrement gratuits. Près de 70.000 patients y ont été soignés en 1976. Cent autres sont examinés quotidiennement dans l'un des cinq centres médicaux ouverts dans les villages.


L'Ile de Paix a donc survécu au départ de l'équipe expatriée...

 

 

15 ans après, témoignage

 

Comme chaque Ile de Paix, Kalakad a connu ses moments de doute, ses périodes de crise. Janice Booth, qui fut Présidente du Conseil d'Administration de l'Ile de Paix de Kalakad, évoque l'un de ceux-ci :


"Après son indépendance en 1975, l'Ile de Paix en connut rapidement les revers. Ceux qui travaillent mieux avec les Européens n'en font pas nécessairement autant avec leurs compatriotes. Les conflits de castes, mis en veilleuse par la présence européenne, se sont réveillés lorsque celle-ci a cessé. Ce n'est qu'en 1981, après une intervention du siège, que l'équilibre fut rétabli.


Rétrospectivement, on se rend compte combien, malgré le soin qui y fut apporté, l'indépendance fut brutalement ressentie. Certains se sont sentis "orphelins", voire abandonnés. Paradoxalement, ces problèmes ont montré la force de l'Ile de Paix. A travers toutes les ruptures, non seulement les activités socio-médicales se sont poursuivies, mais elles se sont étendues. Les animatrices firent tranquillement et patiemment leur travail dans les villages, alors que la tempête faisait rage au-dessus de leurs têtes. Les villageois apportaient le riz, le bois et l'argent aux jardins d'enfants, de plus en plus nombreux."

 

 

 

 

 

 26 ans après, l'essaimage

 

Les diverses activités du projet initial se poursuivent : volet social, microcrédit, coopératives paysannes, centre de santé, jardins d'enfants, ateliers de formation pour les femmes et hôpital.


Sucila Pandan, ancienne animatrice sociale, est aujourd'hui directrice-fondatrice de l'association Community Action for Social Transformation (CAST). Cette ONG constitue un modèle de projet de développement dans la région. Le travail que Sucila anime avec pédagogie et professionnalisme à travers ses multiples activités (alphabétisation, pharmacopée, jardins d'enfants, accompagnement de prostituées, etc.) est l'un des plus beaux fruits de l'arbre Iles Paix. L'action du CAST est si convaincante qu'elle bénéficie de multiples soutiens locaux et étrangers. L'association attire un grand nombre de jeunes scolarisés qui trouvent, dans les différents pôles d'animation, matière à apprendre et à s'initier à l'hydraulique, l'hygiène, l'artisanat, etc.