Equateur : bon à savoir

 

Géographie

 

Grand comme la moitié de la France, l'Equateur est un petit pays à l'échelle de l'Amérique du Sud. Situé sous l'équateur, il borde l'océan Pacifique. Il est entouré par la Colombie au nord et le Pérou à l'est et au sud. Sa superficie est de 276.840 km2, Iles Galápagos comprises. Quito est sa capitale.


Le pays est divisé en trois régions géographiques distinctes : la côte (la Costa), les Andes (la Sierra) et l'Amazonie (l'Oriente).


La région côtière est relativement plate. Quelques collines situées à proximité de Guayaquil et, bien sûr, les contreforts des Andes donnent un peu de relief à cette région. Le Nord est couvert par une forêt tropicale humide alors que le sud est beaucoup plus aride. Les terres arables sont exploitées pour la production de bananes et d'ananas.

 

La Cordillère des Andes est composée de deux rangées volcaniques séparées par une vallée centrale appelée au sud de Quito "Allée des Volcans". L'altitude de cette vallée varie de 2.200 m à 3.000 m. Le sommet le plus élevé est le Chimborazo (6.310 m).


La région amazonienne est couverte par la forêt dense tropicale. Cette région est peu peuplée et encore peu exploitée si ce n'est pour la production de pétrole. La forêt est endommagée par la construction d'oléoducs et de routes et les sols pollués par les déversements d'hydrocarbures. De grands parcs nationaux ont toutefois été créés afin de préserver certaines zones de la forêt.

 

Les Iles Galápagos font également partie du territoire équatorien. Celles-ci sont situées dans l'océan Pacifique à 1.000 km à l'ouest de Guayaquil. L'archipel, qui est un parc national, comprend 13 îles et plusieurs îlots. Les paysages, arides et volcaniques, la faune et la flore sont considérés comme une merveille de la nature.

 

Population

 

Le pays compte une population de 13,5 millions d'habitants, dont 43 % ont moins de 20 ans (chiffres 2006). La croissance démographique demeure relativement élevée (2,3% par an). On distingue quatre groupes : les Indiens (+/- 40 %), les Métis (+/- 40 %), les Créoles/Blancs (+/- 10 %) et les Noirs (+/- 8%). Les Indiens vivent essentiellement dans la Sierra, mais sont souvent forcés de quitter leur communauté afin de chercher du travail dans les régions urbaines.


Les villes principales sont Quito, la capitale, située à 2.800 mètres d'altitude, et la ville portuaire de Guayaquil, la plus peuplée. La langue officielle est l'espagnol. Depuis peu, les langues indigènes, dont le quichua est la plus répandue, ont été reconnues tant par la Constitution qu'au niveau de l'éducation dans les communautés indiennes.

 

Plus de 90 % de la population est catholique. Religion qui, chez les Indiens, s'accompagne couramment de croyances et pratiques traditionnelles. L'Eglise joue ainsi un rôle prépondérant dans la société équatorienne, notamment sur le plan politique. Son courant conservateur est soucieux de maintenir l'ordre social existant, tandis que le courant dit de la « théologie de la libération » prend souvent le parti des plus pauvres, donc essentiellement celui des Indiens.

 

 

 

 

Histoire

 

Au milieu du 15e siècle, les Incas imposent leur domination aux indigènes d'Equateur. Cependant, la chute de leur immense mais fragile empire sera foudroyante : en 1532, à peine arrivée, une poignée de conquistadors menée par Pizarro le soumet à la couronne espagnole.


Les trois siècles suivants, placés sous tutelle coloniale, sont plus paisibles dans l'ensemble, bien que régulièrement traversées de soulèvements indiens contre les tributs excessifs ou la spoliation des terres. Les arts et l'agriculture (qui bénéficie de l'apport de nouvelles variétés, telle la banane, importée d'Afrique) sont florissants.

 

Après la libération du pays en 1822, sous l'impulsion de Simon Bolivar, l'indépendance complète est proclamée en 1830. Depuis, de nombreux coups d'Etat et révolutions ont agité l'histoire de l'Equateur. Le 20e siècle compte d'ailleurs un plus grand nombre de gouvernements militaires que de civils. En 1979, le pays a cependant renoué avec la démocratie, mais la vie politique du pays est marquée par une très grande instabilité. Arrivé au pouvoir en janvier 2000, à la suite d'un important mouvement de contestation sociale organisé par les mouvements indigènes, le président Gustavo Noboa était sur une période de quatre ans le sixième titulaire de la fonction.


L'élection à la présidence, en novembre 2006, de Rafael Correa, un économiste qui se situe à la gauche de l'échiquier politique, suscite de grands espoirs dans une large majorité de la population, qui attend beaucoup des réformes économiques et sociales qui lui ont été promises.


Outre les grands mouvements de revendication des Indiens, les principaux événements qui ont marqué ces dernières années sont les réformes agraires (à partir de 1964), la découverte du pétrole en Amazonie, le problème épineux du conflit frontalier avec le Pérou et l'application du plan Colombia.

 

Economie


Femme du Chimborazo - Equateur [Photo: © Iles de Paix / Olivier Genard]L'économie de l'Equateur repose sur l'agriculture, l'industrie agroalimentaire, le textile, la chimie, la pêche, l'exploitation forestière et le pétrole. Ce dernier, la banane et la crevette constituent les exportations phares du pays : plus de 65 % du total. Quant aux revenus de l'Etat, ils proviennent, pour plus de la moitié, des exportations de pétrole brut. La faiblesse passée et présente de l'économie est due à un manque de diversification et, par conséquent, à une trop grande dépendance par rapport aux fluctuations des prix sur le marché mondial. Cependant, la hausse des cours du pétrole du pétrole ces dernières années a quelque peu rééquilibré les finances publiques et la situation macroéconomique du pays.


L'Equateur pâtit toujours, néanmoins, de la chute des cours du pétrole, en 1997 et 1998, aggravée par une gestion publique et bancaire anarchique, qui a précipité le pays dans une crise économique sans précédent (explosion de la dette et hyperinflation). Adoptée en 2000, la dollarisation de l'économie (le remplacement de la monnaie nationale, le sucre, par le dollar américain), insuffisamment encadrée, n'a pas vraiment produits les effets escomptés. Elle a, en revanche, fortement affaibli le pouvoir d'achat de la population équatorienne et nourrit encore de fortes tensions sociales. Nombreux sont par ailleurs les Equatoriens qui choisissent d'émigrer vers d'autres pays.

 

 

 

 

C'est que malgré les efforts entrepris, la situation socio-économique demeure très médiocre. Le secteur de l'éducation est mal développé (l'analphabétisme concerne environ 10 % de la population), tandis que les services de santé sont insuffisants ou fonctionnent mal. Situation aggravée par les problèmes du manque d'eau potable et de l'assainissement. Le chômage et surtout le sous-emploi sont inquiétants, ce qu'illustre bien l'omniprésence du secteur informel, qui représente plus de la moitié du trafic économique. Il est surtout le fait de paysans émigrant vers les grandes villes dans l'espoir d'y trouver travail et revenu.

 

 

Le monde indien : de l'esclavage à la mobilisation

 

Comme la plupart des Indiens d'Amérique Latine, ceux d'Equateur ont vu leur existence bouleversée de fond en comble par la colonisation de leur pays. Descendants des Incas et des peuples autochtones du pays, ils ont été progressivement dépossédés de leurs terres et repoussés vers les régions arides des hauts-plateaux andins, coupés de leurs racines économiques et culturelles.

 

Malgré l'indépendance, acquise pourtant en 1830, les relations en vigueur dans les campagnes équatoriennes sont demeurées très coloniales, voire féodales, jusqu'au milieu des années 70.
Héritier du système de l'encomienda, qui désignait les Indiens comme tributaires des grands propriétaires terriens, celui de l'hacienda (grande exploitation terrienne) les a longtemps maintenus dans la condition de serfs.

 

 

 

 

Depuis les années 60, cependant, un mouvement indien s'est organisé. Il est fondé sur descommunautés de base villageoises, elles-mêmes réunies en fédérations régionales. Il repose sur une stratégie qui est à la fois politique et philosophique. Les Indiens considèrent que leur avenir et leur intégration dans la société passent par une prise de conscience collective, l'affirmation de leur spécificité et la résurrection de liens sociaux traditionnels.

 

Ce combat s'articule notamment autour de la revendication pour le droit à la terre. En effet, fondamentalement paysan, l'Indien a toujours été très attaché à la terre, considérée comme source de vie tant matérielle que spirituelle ("Pachamama", la Terre Mère).
Vécues comme de grandes victoires, les réformes agraires des années 60-70, si elles ont entraîné l'abolition du système de quasi-servage en vigueur dans les haciendas, n'ont rendu aux Indiens que les terres de plus mauvaise qualité, sur lesquelles ils peinent à assurer leur simple subsistance. Ces réformes n'ont donc pas mis un terme aux revendications du monde indigène. On peut même affirmer qu'elles leur ont donné un coup de fouet en révélant l'impact que pouvait avoir la mobilisation indigène sur la société équatorienne dans son ensemble.

 

En 1986, les Indiens ont fondé la première organisation à caractère ethnique qui regroupe toutes leurs organisations de base : la Confédération des Nations Indigènes d'Equateur (CONAIE). Celle-ci est, depuis lors, un des aiguillons majeurs des luttes indigènes.

 

Elle fut ainsi à l'origine du grand levantamiento de 1990, la plus importante révolte indienne de l'histoire du pays, portant sur l'exigence d'une reconnaissance des langues et de la culture indigènes. Elle fut encore partie prenante de tous les soulèvements qui se succédèrent par la suite : pour le déblocage de la redistribution des terres, contre l'austérité économique et le renchérissement du coût de la vie, contre la dollarisation...

 

Même s'ils demeurent aujourd'hui encore les mal lotis de la société équatorienne et que le pouvoir réel est demeuré entre les mains de ceux qui le détiennent depuis toujours - grande bourgeoisie conservatrice, puissances industrielles et financières, transnationales - les indigènes sont incontestablement la colonne vertébrale du grand mouvement d'opposition qui, au fil des années, gagne en influence. N'a-t-il pas obtenu depuis 1997 la tête de deux présidents de la République ?

 

On trouve dans la Déclaration politique proclamée en 1993 le projet de société des Indigènes d'Equateur. Ce texte fait référence à un humanisme global intégrant l'homme et la nature, à une démocratie prenant vraiment en compte le caractère pluriethnique et multiculturel de la société équatorienne, au rétablissement de la souveraineté politique et économique du pays.

Il existe sans doute une part d'utopie dans de ce qui peut apparaître comme un programme politique radicalement alternatif. Ce qui incline à penser que se poursuivra longtemps encore le combat des Indiens d'Equateur.