Mali : bon à savoir

 

Géographie   

 

Vaste pays de 1.241.238 km2 (quarante fois la Belgique), le Mali est en bonne partie désertique. Tout le grand Nord, qui couvre les deux tiers du territoire, se situe en zone saharienne et ne compte que quelques populations nomades. Les Maliens  se concentrent dès lors dans les régions sahélienne et soudanienne du centre et du sud, particulièrement dans le bassin du fleuve Niger, qui est l'artère vitale du pays.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Population

 

Le Mali abrite 13.500.000 habitants, une population jeune (les moins de 14 ans en représentent 48 %) qui a plus que doublé de volume entre 1977 et 2007.  Cela constitue pour le pays un sérieux défi.

 

Carrefour de civilisations, point de contact entre l'Afrique blanche et l'Afrique noire, le Mali présente un melting-pot de groupes ethniques et culturels très divers, mais qui vivent en bonne intelligence depuis le règlement du conflit touareg, au milieu des années 1990. 

 

Le groupe majoritaire est celui des Bambaras et apparentés, vivant dans la région de Bamako, la capitale, dont la langue est parlée par près de 80 % des Maliens.

 

L'Islam est la religion de 90 % de la population, mais les croyances et pratiques animistes demeurent très vivaces.

 

Le Mali n'est pas en mesure d'offrir à l'ensemble de sa population des perspectives décentes de vie et de travail. L'émigration est dès lors un recours pour de nombreux Maliens. On estime que quatre millions d'entre eux vivent à l'étranger, dont deux millions en Côte d'Ivoire et plus de 100.000 en France.

 

Cette immigration est le signe évident d'un malaise économique et social, mais c'est en même temps un atout majeur pour le pays. Les émigrés maliens transfèrent vers leurs régions d'origine des sommes très importantes qui contribuent à leur développement économique et social. En 2004, une étude réalisée par la Coopération française avait mis en évidence le fait que les Maliens installés en France transféraient annuellement vers leur pays quelque 180 millions d'euros, soit l'équivalent d'un quart du budget de leur Etat !

 

 

Histoire

   

Le Mali est entre les 7e et 16e siècles le siège de trois grands empires successifs : Ghana, Mali et Songhaï. Le dernier d'entre eux succombe sous les coups de boutoir des envahisseurs berbères venus du Maroc.  Suit une période de crises et de divisions tandis que se développe la pratique de la traite des Noirs.

 

En 1864, la France s'installe militairement et colonise la région. Le Mali est englobé dans le territoire du Haut-Sénégal-Niger avec une partie de la Mauritanie, du Burkina Faso et du Niger, puis devient Soudan français en 1920.

 

En 1960, le Mali actuel accède à l'indépendance deux mois après la création d'une éphémère Fédération du Mali (Mali plus Sénégal). Le premier président, Mobido Keita exerce une gestion socialiste étatiste dans l'orbite soviétique.

 

 

Il est renversé en 1968 par le lieutenant Moussa Traoré, qui installe progressivement un régime autoritaire qui échoue à favoriser le développement du pays.

 

Au début des années 1990, une rébellion touarègue au nord et un soulèvement populaire au sud provoquent la chute du président dictateur. Le colonel Amadou Toumani Touré prend le pouvoir et préside un Comité de transition qui porte bien son nom : dès 1992, le multipartisme est instauré et Alpha Oumar Konaré est élu président de la République. Il est confirmé dans ses fonctions cinq ans plus tard. Il aura durant son passage au pouvoir profondément changé les structures du pays en instaurant notamment une large décentralisation, qui fera par la suite tache d'huile dans quelques autres pays de l'Afrique de l'Ouest.

 

En 2002, Amadou Toumani Touré se présente en candidat indépendant des partis et se fait élire à son tour. Il est réélu en 2007 pour un nouveau mandat. Son prédécesseur préside depuis 2003 la Commission de l'Unité africaine.

 

 

Economie 

 

L'agriculture est un secteur économique et social vital, dont dépend la survie de quelque 70 % des Maliens. Pour lutter contre une situation de grande pauvreté - elle touche 69 % de la population  et le pays est fortement endetté -, les autorités ont beaucoup misé sur une agriculture exportatrice centrée sur le coton et la riziculture à grande échelle, notamment dans le bassin du Niger.

 

Les paysans engagés dans ces deux filières éprouvent cependant bien des difficultés à en tirer des revenus décents. Le marché mondial du coton est déprimé et biaisé par les subventions accordés par les pays développés à leurs producteurs. Quand au riz, il implique le payement de redevances en eau et en intrants qui obèrent les revenus des paysans.

 

De son côté, l'agriculture vivrière traditionnelle, qui est le domaine des petites exploitations familiales,  pâtit d'un manque de soutien et d'investissements. Manque d'accès au crédit, recours limités aux intrants, terres pauvres et surexploitées en raison de la pression démographique, manque de maîtrise de maigres ressources en eau, techniques d'exploitation mal adaptées sont autant de facteurs qui expliquent que le Mali souffre régulièrement de déficits alimentaires.  Une intensification et une amélioration de la production agricole traditionnelle s'avèrent indispensables.

 

Cet impératif vaut aussi pour l'élevage, une activité importante pour le pays - ses produits figurent au 3e rang des exportations, après l'or et le coton.

 

C'est en 1999 que l'or a supplanté le coton comme premier pourvoyeur de recettes à l'exportation. Un leadership qui s'est depuis affirmé, la production aurifère ayant triplé entre 1998 et 2002, non sans provoquer de graves conflits fonciers au sein des communautés rurales.

 

Aujourd'hui, c'est vers l'or noir que se tournent les espoirs des dirigeants maliens, surtout depuis que la production pétrolière s'est considérablement développée chez le voisin mauritanien. Des potentialités avaient été détectées entre les années 1960 et 1980, mais n'avaient pas été jugées rentables. La hausse des cours pétroliers a fondamentalement changé la donne et la prospection a activement repris dans le nord de la région saharienne du pays.