Gohira (Bangladesh 1962 - 1967)
A Gohira, région du Bangladesh surpeuplée où beaucoup de terres sont marécageuses, est née la première Ile de Paix, initiée en 1962 par Dominique Pire suite à sa rencontre avec la détresse des sinistrés d'un cyclone. L'Ile de Paix de Gohira (1962-1967) concentre son action sur l'intensification des cultures rizicoles et maraîchères par un meilleur suivi agronomique. Elle introduit des techniques de régulation des eaux, des variétés plus productives et l'utilisation d'engrais.
Elle s'appuie sur la création et l'organisation d'un réseau de coopératives qui regroupent les petits paysans et leur accordent des crédits à taux réduits. Les résultats sont encourageants : en cinq ans, la superficie cultivable passe de 2.000 à 4.000 hectares tandis que la production double de volume. Parallèlement, le projet s'intéresse à l'émancipation féminine en menant des actions dans les domaines de la santé, de l'artisanat, de l'éducation, de l'organisation coopérative.
A Gohira, l'esprit associatif insufflé par le projet fut le moteur du développement. Aujourd'hui encore, plus de 30 ans après le départ des Iles de Paix, il garde tout son impact : quelque 150 coopératives dont une trentaine spécifiquement féminines constituent le ferment d'une communauté qui compte plus de 80.000 personnes.
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Kalakad (Inde 1968 - 1975)
Située à l'extrême Sud de l'Inde dans l'Etat de Madras, la région de Kalakad est particulièrement aride. Les techniques d'irrigation vont trouver à s'y exprimer. Entre 1967 et 1975, l'Ile de Paix permet l'irrigation de quelque 550 hectares de terres et creuse plus de 400 puits. Là aussi, ce sont des coopératives qui soutiennent et gèrent ces investissements.
L'autre volet de l'action de l'Ile de Paix de Kalakad, qui deviendra vite son point fort, concerne la promotion sociale d'une population très déshéritée. L'Ile de Paix soutient la création de jardins d'enfants, organise l'alphabétisation, la formation professionnelle et un réseau de santé. Cet ensemble de services contribue à faire de Kalakad un pôle d'éducation reconnu dans toute la région. On vient s'y informer sur le développement, la pharmacopée traditionnelle ou encore, l'animation rurale.
Comme à Gohira, la vitalité des mouvements féminins a joué ici un rôle essentiel. Regroupées en associations ou coopératives, les femmes ont pu s'instruire, épargner, investir et créer leur propres activités productives. Comme à Gohira, le modèle de l'Ile de Paix a fait tache d'huile à ses contours: deux initiatives locales se sont ainsi bâties sur le modèle de Kalakad.
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Tombouctou (Mali 1975 - 1994)
Ce sont les grandes sécheresses sahéliennes du début des années 70 qui amènent les Iles de Paix en Afrique. Située au sud du Sahara, à trois jours de route de la capitale Bamako, la ville de Tombouctou, est frappée de plein fouet par cette catastrophe écologique qui a ruiné son agriculture. Fait agravant, cette ville a vu affluer de nombreux nomades dont les troupeaux avaient été décimés.
L'Ile de Paix de Tombouctou (1975-1994) s'appuie sur les acquis des expériences de Gohira et Kalakad en matière d'irrigation pour mettre en valeur le potentiel qu'offre le fleuve Niger, tout proche. Elle aménage sur sa rive gauche une plaine de 550 hectares pour la culture irriguée du riz : le périmètre de Korioumé. Sa production moyenne de trois tonnes à l'hectare contribue fortement à rétablir la sécurité alimentaire de la région. En 1985, la gestion des infrastructures est prise entièrement en charge par une coopérative agricole (la première du Mali) qui regroupe près de 500 membres.
Vitale pour l'agriculture, l'eau l'est aussi pour les hommes et les animaux. C'est ainsi que l'Ile de Paix soutient un programme de creusement d'une centaine de puits pastoraux ou villageois et d'une douzaine de contre-puits sur la célèbre route du sel. Enfin, pour sécuriser la production agricole, l'Ile de Paix a soutenu un réseau de maintenance mécanique qui assure l'entretien et la réparation des motopompes d'irrigation et des engins motorisés.
Depuis cette action novatrice, plus de 2000 hectares supplémentaires ont été mis en valeur dans la région de Tombouctou grâce à l'irrigation. Tant des organisations internationales que des petits producteurs privés ont suivi l'exemple de l'Ile de Paix de Tombouctou pour améliorer la situation de la région. Ainsi, Colette Braeckman écrit dans le journal Le Soir du 16 décembre 1999 à propos de la pacification du nord Mali suite à la rébellion des Touaregs : "(...) Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) [...] a aidé à la réinsertion de ces anciens rebelles en mettant à profit les travaux d'irrigation et de développement agricole menés durant vingt ans por l'ONG belge Iles de Paix." (l'article complet du Soir est disponible ici)
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Yalogo (Burkina Faso 1982 - 1999)
En 1982, Yalogo, petite communauté du nord-est du Burkina Faso était victime de son seul atout. En bordure du Sahel, un lac de plusieurs millions de mètres cubes représente un attrait indéniable pour les agriculteurs et les éleveurs. En quelques années, ce petit village devient un important centre régional: la pression de la population et du bétail sur les terres augmente, celles-ci s'appauvrissent, le désert avance.
C'est dans ce contexte que les Iles de Paix s'y installent à la veille de la révolution de Thomas Sankara. l'Ile de Paix de Yalogo (1982-1999) concentre ses activités dans trois domaines. Le premier concerne l'augmentation des rendements de l'agriculture. L'aménagement de huit périmètres rizicoles autour du lac, qui procure une source stable de revenus à près de 900 familles, est sans doute le résultat le plus marquant du travail mené ensemble, sans oublier à ce niveau les opérations de protection des terres contre l'érosion, de reboisement et de soutien au maraîchage dont l'impact est également très grand. Le deuxième domaine d'appui concerne l'amélioration de l'élevage. C'est ainsi que les Iles de Paix ont soutenu, entre autres, la construction de boulis, ces mares améliorées qui permettent l'abreuvement du bétail en toute saison à proximité du village. Enfin, le soutien à des initiatives à caractère social dans la région (promotion féminine, amélioration de l'enseignement, ...) constitue la troisième facette du travail de l'Ile de Paix de Yalogo
A la veille du départ, l'héritage laissé est bien plus important que les infrastructures matérielles visibles. En effet, la population de Yalogo se sent capable de prendre son avenir en mains, non seulement pour poursuivre les activités menées ensemble pendant une bonne quinzaine d'années, mais surtout pour lancer de nouvelles initiatives.
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Bolama (Guinée Bissau 1986 - 2003)
L'isolement géographique, culturel et économique est sans doute ce qui caractérise le mieux l'archipel des Bijagos où est située l'Ile de Paix de Bolama, en Guinée Bissau, petit pays au sud du Sénégal. Cette situation représente un véritable défi pour toute action de développement. Dès 1986, le projet se tourne vers la mer et tente de permettre une meilleure valorisation locale de cette ressource encore peu exploitée par les populations, et ce à travers la formation et la vente à crédit des équipements de pêche nécessaire.
Parallèlement, le projet s'attache à consolider l'activité économique sur l'île de Bolama autour de la pêche et de l'agriculture. Un chantier naval artisanal autonome soutenu par l'Ile de Paix produit des pirogues dont la réputation a fait le tour du pays. Des associations de producteurs diversifient leurs activités (pêche, horticulture, couture,...) à partir des fonds de crédit de l'Ile de Paix.
La guerre civile qui secoue le pays entre 1997 et 1998 laisse l'économie du pays dans une situation dramatique. Les groupes armés ont largement pillé les quelques ressources du pays. Pourtant, preuve de la volonté des artisans autonomes de préserver leur outil de production, l'Ile de Paix de Bolama est un des très rares projet qui n'ait pas été pillé.
A partir de 1998, Iles de Paix travaille à la structuration formelle des groupes d'artisans autonomes et au renforcement de leurs capacités techniques et de gestion. Une nouvelle gamme de pirogues est développée, rapidement couronnée de succès. En 2003, le projet se termine par l'installation d'une unité de production de glace sur l'île, d'une capacité de 4 tonnes par jour (sur les 20 tonnes produites quotidiennement dans le pays), condition sine qua non du développement de la pêche artisanale dans la zone et de la redynamisation de ce secteur d'activité.
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