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Le soutien à l'élevage à Yalogo

L'objectif : l'intensification des techniques d'élevage

Avec son grand lac, Yalogo présente un atout considérable pour l'élevage, et en particulier l'élevage bovin, dans cette région où l'eau fait souvent cruellement défaut. L'élevage est la spécialité des Peulhs. Ils pratiquent un élevage itinérant, à la recherche des points d'eau, avec leurs troupeaux auxquels se mêlent les bêtes que leur confient les agriculteurs Mossi. Mais, de plus en plus, les agriculteurs Mossi ou Gurmantche préfèrent s'occuper eux-mêmes de leur cheptel. Outre les moutons et les chèvres que presque chaque ménage possède pour les menues dépenses, les plus riches possèdent également des bovins qui sont généralement élevés de manière extensive (on investit dans la quantité plutôt que dans la qualité) sur les pâturages de brousse.

L'action d'Iles de Paix en soutien à l'élevage s'est située à deux niveaux. D'une part, nous avons accompagné les expériences d'amélioration du cheptel à travers le croisement des races locales avec une race sélectionnée : le boeuf azaouak nigérien, et à travers un programme de santé animale. D'autre part, nous avons renforcé les infrastructures d'abreuvement du bétail par la construction d'une ceinture de cinq boulis (mares artificielles) dans les zones de pâturage éloignées du lac.

Les réalisations

L'amélioration du cheptel

Le boeuf Azaouak, en provenance du Niger, est considéré comme l'un des meilleurs d'Afrique de l'Ouest quant à la production de viande et de lait. Robuste, il peut également être utilisé pour le portage. Un groupement d'éleveurs de la communauté de Boussance a voulu tenter l'expérience du croisement de cette race avec leurs vaches locales pour améliorer la qualité du cheptel. Une troupeau Azaouakdizaines de bêtes ont ainsi été acheminées à Yalogo et revendues à crédit aux éleveurs. Par croisements successifs, la qualité du bétail s'accroît petit à petit. Toutefois, le boeuf Azaouak est particulièrement exigeant pour son alimentation. Il ne se satisfait pas de l'eau du lac et un puits pastoral a été réalisé à Boussance.

Pour permettre l'intensification de l'élevage par la stabulation de quelques bêtes à côté des concessions, l'Ile de Paix a facilité la mise sur pied de filières d'approvisionnement en alimentation d'embouche (les SPAI - sous produits agro-industriels comme les tourteaux d'arachides) en octroyant un crédit à quelques commerçants-éleveurs pour se lancer dans cette activité. Ces filières sont à présent entièrement autonomes. En outre, les éleveurs ont également pu se former sur les techniques de production de fourrage lors de quelques voyages d'études.

En brousse, la santé animale est un véritable défi. Depuis quelques années, des éleveurs se sont organisés spontanément pour construire des parcs à vaccination dans leur communauté. Ces parcs ont été réalisés en briques d'argile. Nous avons assuré la pérennité des ouvrages en fournissant le goudron nécessaire pour enduire les murs. A présent, le vétérinaire du département organise régulièrement des séances de vaccination.

L'hydraulique pastorale

Malgré la présence du lac, l'accès à l'eau reste un problème pour les éleveurs. En effet, les abords directs du lac sont de plus en plus mis en valeur en saison sèche par les agriculteurs (maraîchage, cultures de contre-saison), réduisant par conséquent les pistes d'accès au lac pour les éleveurs. En outre, les zones de pâturage sont assez éloignées du lac. En saison sèche, lorsque les points d'eau ont tari, il n'est pas rare que les troupeaux doivent parcourir plusieurs dizaines de kilomètres tous les jours pour s'abreuver.

bouliCe ne sont pas des conditions idéales pour l'entente entre éleveurs et agriculteurs et pour l'intensification de l'élevage. Le chef de Yalogo, le Naaba, a proposé une solution à ce problème. Traditionnellement, les éleveurs utilisent au maximum les mares naturelles ou artificielles qu'on appelle "boulis". Mais ces mares tarissent trop vite. En les surcreusant, l'eau qui y est capturée en saison des pluies pourrait, selon le Naaba, abreuver le bétail une année entière. Cette idée méritait d'être creusée. C'est ainsi que, suite à cette demande, l'Ile de Paix a étudié la question avec les éleveurs de cinq villages situés chacun à une quinzaine de kilomètres du lac.

Le problème des boulis naturels, c'est qu'ils s'ensablent rapidement puisqu'ils sont situés dans le lit des ravines ou dans les points bas des bas-fonds, et que les alluvions s'y déposent. Tous les trois ou quatre ans, il faut recommencer le travail. La technique du bouli traditionnel a donc été améliorée pour augmenter la capacité de stockage et diminuer le risque d'ensablement. En fait, ils ne sont pas placés dans l'axe de la rivière, mais à côté. L'entrée de l'eau est surélevée par rapport au cours d'eau et située à l'aval plutôt qu'à l'amont. De cette façon, il ne se rempli que lors des fortes crues par aspiration d'une partie du courant. les alluvions poursuivent leur route dans le lit principal du cours d'eau.

Cinq villages d'éleveurs se sont donc mobilisés pour réaliser un bouli pour leur bétail. Ces boulis ont un diamètre de 60 mètres et une profondeur de sept à huit mètres. Ils permettent d'abreuver tout le bétail de la communauté, et même, parfois, des communautés voisines. Et dans des villages où l'accès à l'eau est généralement difficile, la présence d'une si grande réserve d'eau favorise les activités complémentaires : construction de briques d'argile, maraîchage, ...

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