La phase de solidarité continuée est l'étape ultime de nos collaborations avec les populations du Sud. A Yalogo, cette étape a été préparée avec un soin particulier. En effet, nos partenaires éprouvaient certaines craintes par rapport aux défis qu'ils allaient devoir relever. C'est ainsi que le programme de la phase de solidarité continuée a été établi lors d'un atelier regroupant les représentants des groupements de Yalogo et ceux d'Iles de Paix. Il en résulte quatre grandes pistes de collaborations pour les années à venir.
>Deux riziculteurs témoignent sur leur vision par rapport à la solidarité continuée
Le renforcement organisationnel des groupements
La poursuite du processus de renforcement organisationnel est une attente forte des groupements. Dans cette optique, la commission formation est chargée d'identifier les besoins en formation des riziculteurs, d'en organiser les aspects pratiques et d'en évaluer les résultats. Iles de Paix continuera donc à soutenir financièrement ces efforts d'apprentissage. Pour l'an 2000, la commission formation a établi son programme : la poursuite de l'alphabétisation dans trois centres de formation initiale et deux centres de formation complémentaire et une formation des responsables des groupements sur leurs rôles et attributions.
L'auto-évaluation
Les groupements apprécient le fait de pouvoir prendre du recul par rapport à leurs activités et leur fonctionnement. Toutefois, sans regard extérieur, un tel exercice est particulièrment difficile. Iles de Paix continuera donc à modérer deux ateliers d'auto-évaluation par an.
La mise sur pied d'un fonds de secours
Les groupements craignent fort que des conditions climatiques exceptionnelles ne réduisent à néant leurs efforts en détruisant les digues de leurs périmètres. Il sont conscients de l'ampleur des moyens à mettre en oeuvre pour réparer une digue détruite et savent que cela dépasse leur capacité financière. Un fonds de secours a donc été mis sur pied. Il servira à appuyer les groupements victimes de dégâts exceptionnels sur leurs périmètres. Bien sûr, avant de pouvoir faire appel au fonds, qui est géré de manière conjointe par les groupements et Iles de Paix, les groupements victimes devront faire la preuve que les dégâts ne sont pas dus à leur négligence, démontrer que leur comptabilité est saine et mobiliser l'ensemble des sommes mises de côté pour l'entretien du périmètre.
La réflexion sur la problématique du barrage
Le rendement des périmètres dépend étroitement de la durée de la période de crue du barrage. En 1999, l'Etat Burkinabe a rénové le barrage. Dans l'opération, il semble que le seuil du trop-plein ait été abaissé de 7 cm. Les groupements craignent que cette baisse du niveau du lac ne mette en danger leurs récoltes de riz. Iles de Paix apportera un appui méthodologique pour réfléchir à cette question.