Les premiers contacts d'Iles de Paix avec la région de Toucountouna datent de fin 1998, mais il faudra attendre 2000 et la mise en place de notre antenne régionale à Fada N'Gourma au Burkina Faso pour que les relations s'intensifient.
Le contexte de l'action
Toucountouna est une bourgade du nord du Bénin qui donne son nom au département qui compte une vingtaine de villages. A priori, cette zone est plutôt favorisée : la pluviométrie est abondante, le climat favorable à l'agriculture, la terre fertile, les ressources en eau abondantes. Pourtant, on y connait de graves problèmes de sécurité alimentaire.
Depuis une dizaine d'années, le pays favorise dans la région la culture du coton qui représente une source appréciable de dévises. Avec la garantie de pouvoir écouler toute leur coton à un prix fixe et les facilités accordées pour l'approvisionnement en engrais et insecticides nécessaires à sa production, les paysans ont vite fait le choix entre cultures vivrières et coton. Il en résulte aujourd'hui que comme la production de céréales a fortement diminué dans la zone, leur prix a augmenté. C'est ainsi que malgré des revenus appréciables issus de la culture du coton, de nombreuses familles n'ont pas assez de moyen pour acheter des céréales lorsqu'ils en ont besoin.
L'Union sous-préfectorale des Producteurs de Toucountouna est la structure paysanne qui organise l'approvisionnement en intrants et l'écoulement de la production de coton. Cette activité représente pour elle une source importante de revenus et son intérêt financier est d'augmenter encore les superficies occupées par le coton. Toutefois, sensible à la problématique de la sécurité alimentaire de ses membres, elle préfère soutenir la diversification de la production et rééquilibrer cultures d'exportation et cultures vivrières. C'est dans cette optique qu'elle nous a contacté.
Le contenu de l'action
L'action des structures locales partenaires d'Iles de Paix s'inscrit autour de deux axes :
- Le soutien à la diversification de la production et le rééquilibrage vivrier/coton par la mise en place de filières de production alternatives: Avec l'USPP, nous travaillons à la mise sur pied d'une filière consacrée à la production du maïs. Culture à haut rendement, le maïs pourrait rivaliser avec le coton, tout en étant comestible. Pour y arriver, il faut qu'il offre au producteur les mêmes avantages que le coton, ce qui est l'enjeu de la mise en place de cette filière qui est en phase de test en 2002/2003.
- L'augmentation de la rentabilité des cultures vivrières par l'augmentation des rendements et la transformation de la production : accompagnement technique, irrigation, infrastructures routières,... C'est ainsi qu'en 2003, Iles de Paix a facilité la réhabilitation du barrage de Tcahkalakou qui alimente, par irrigation, une dizaine d'hectares de cultures à l'aval.
