Ce programme, dont la première phase s'est déroulée en janvier et février, l'association Tin Suani (ATS) le destine à des hommes et des femmes qui ont des responsabilités au sein des unions et groupements de producteurs, présidents, trésoriers, secrétaires... Il s'agit de renforcer leurs capacités de gestion et d'organisation.
Sept centres ont fonctionné cette année, desservant chacun un certain nombre villages et accueillant au total 246 personnes.
Pour les «apprenants», l'effort à consentir n'était pas mince : cette formation initiale, qui sera suivie l'an prochain par une session d'alphabétisation complémentaire, s'est étalée sur une cinquantaine de jours, à raison de six heures quotidiennes.
A part quelques grains d'or dans les rouages...
Il est clair que suivre un tel cursus représente un réel sacrifice et exige une vraie motivation, même si, à cette période de l'année, les travaux agricoles sont un peu moins intenses. Cette motivation ne fait pas défaut, apparemment, dans la région de Mahadaga. Il faut souligner qu'aucun dédommagement n'était prévu, ni même la fourniture de repas, ce qui n'était pas évident pour certains participants, astreints à des déplacements plus ou moins longs.
Le bilan général de cette session est très positif. 220 personnes ont présenté l'examen final qualifiant pour la formation complémentaire et 166 d'entre elles l'ont réussi, soit 67,5 % des inscrits. C'est un taux de réussite particulièrement élevé pour ce type de formation. Satisfaction aussi au niveau de l'âge des «apprenants» (94 % dans la classe des 15-40 ans, très peu d'enfants donc) et de la participation des femmes (38 %). Un centre a cependant connu un fort taux de désengagement, mais en raison d'un concours de circonstances un peu exceptionnel : la découverte à proximité d'un nouveau site d'or. Entre apprendre et creuser, il fallait choisir !...
A chacun sa tâche
L'ATS avait sous-traité les aspects pédagogiques du programme à l'association de Fada N'Gourma Tin Tua, spécialisée dans l'alphabétisation en gulmancema, la principale langue de la région. Tin Tua a assisté l'ATS pour la sélection d'alphabétiseurs locaux, s'est chargée de leur formation et de la supervision de leur travail.

L'apport financier du projet Iles de Paix-Tin Suani était limité à la formation et au défraiement des alphabétiseurs, à la fourniture de matériel pédagogique, de bancs et de chaises. Les centres avaient été construits par les villageois eux-mêmes, ce qui fit même l'objet d'un concours du plus beau local d'alphabétisation...
Rendez-vous donc l'année prochaine pour la formation complémentaire des lauréats 2000 et pour une nouvelle session d'alphabétisation initiale. L'objectif actuel de ce programme est de former à terme quelque 500 personnes.
Peut-on intensifier l'élevage ?Comme l'année dernière la commission semis, celle ayant la charge de l'élevage a effectué en avril un voyage d'étude auprès de toute une série de producteurs pour s'enquérir des contraintes et des opportunités d'une intensification des activités d'élevage. En point de mire de cette mission : l'embouche bovine pour la production de viande et le développement de la filière lait. Actuellement, si le cheptel est assez abondant dans la région de Mahadaga, il n'est pas toujours de très bonne qualité, ni suffisamment exploité, ni commercialisé avec profit. On vend au coup par coup, au gré des besoins à satisfaire, et ce sont généralement les marchands de bétail qui tirent les meilleurs marrons du feu. Passer de l'élevage extensif à l'élevage intensif ne s'improvise pas, les commissaires-éleveurs de Mahadaga s'en sont rendu compte au cours de leur voyage. Il faut prévoir des étables, des fenils, la production et la conservation de fourrage, s'attacher aussi à une alimentation optimale du bétail et à un suivi régulier de son état sanitaire. Le processus qui mène à l'intensification de l'élevage est donc relativement complexe et les commissaires ont l'intention de mettre en place tout un programme de formation qui permettra aux éleveurs qui le désirent de sauter progressivement le pas. Encore faut-il qu'il existe, au niveau régional, un marché suffisant pour absorber à des prix raisonnables le surplus de production auquel aboutirait une pratique plus intensive. Ce problème de la commercialisation sera étudié avec soin et il a d'ailleurs déjà été largement abordé par les commissaires au cours de leur voyage d'étude. |
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