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TOL v48 - Septembre 2000 : Bolama
Facettes d'une économie insulaire

L’isolement d’un archipel ne condamne pas ses habitants au marasme économique. A Bolama, artisans, pêcheurs et agriculteurs en font la démonstration.

L’archipel des Bijagos compte une cinquantaine d’îles et regroupe quelque 25.000 habitants. La région et ses populations (les autochtones bijagos) pâtissent de leur marginalisation par rapport au reste du pays. Cet isolement se traduit par un sous-développement économique et une commercialisation malaisée des productions insulaires. Quant aux ressources d’une mer très poissonneuses, elles sont pour l’essentiel exploitées par la pêche industrielle internationale.

Depuis 1986, l’Ile de Paix s’attache à développer dans l’archipel des moyens de communications et des activités économiques rentables. Elle a créé un petit chantier naval, qui, depuis son ouverture, a déjà construit plus de 60 pirogues (de 6, 8 et 13 mètres), une menuiserie, un atelier mécanique, assuré la formation et l’équipement de pêcheurs professionnels, contribué à l’aménagement du port de Bolama et à la sécurisation des routes maritimes. Le projet s’est ouvert depuis trois ans à une association de producteurs ruraux et souhaite d’ici son bouclage, dans un délai de deux à trois ans, soutenir les efforts de groupes locaux qui, dans les petites îles, s’efforcent de développer des activités productives.

Une année de redémarrage

En 1998 et 1999, la Guinée-Bissau a été frappée par une guerre civile qui a fait beaucoup de victimes, de dégâts matériels et a paralysé toute l’économie nationale. Y compris celle de l’archipel, bien que celui-ci, profitant pour une fois de son isolement, ait été largement préservé du conflit. La paix revenue, cette année 2000 aura permis le redémarrage des différentes activités du projet.

Les cellules artisanales autonomes du chantier naval et de la menuiserie se portent plutôt bien, malgré des difficultés récurrentes d’approvisionnement en bois. Quant aux membres de l’atelier mécanique, ils ont diversifié leurs activités (ferronnerie, fabrications métalliques, réparations d’appareils électroniques...) afin d’assurer la viabilité et l’autonomie financière de leur entreprise. Leur outillage a été complété en conséquence.

le chantier naval va se lancer dans les grandes taillesAppuyée par un ONG locale, et longtemps retardée en raison de la guerre, une recherche-action participative est en cours. Le résultat de celle-ci devra permettre aux artisans de Bolama d’améliorer leur gestion, leurs sources d’approvisionnement et la commercialisation de leurs productions et services.

Le gros de notre effort se porte aujourd’hui sur l’association villageoise Tom Djorom (plus de cent trente membres actifs, hommes et femmes) : soutien aux cultures locales, équipement d’un atelier et formation à la couture, fourniture d’outillage et d’intrants, constitution d’un petit fonds de crédit, équipement de jeunes aspirants-pêcheurs...

Bien qu’elle soit en fin de parcours, l’Ile de Paix est ouverte à de nouveaux partenariats ponctuels avec des ONG ou associations locales dont les initiatives mériteraient d’être soutenues.

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