Derrière la crise sanitaire, guette la crise alimentaire

Une carte blanche de la Coalition contre la Faim qui regroupe une vingtaine d’ONG travaillant ensemble sur les politiques belges contre la faim, plus spécifiquement sur les politiques de coopération relatives à l’agriculture et la sécurité alimentaire.

La crise sanitaire que nous traversons accentue un des paradoxes de la globalisation : tandis qu’une partie de la population mondiale n’a plus de revenus suffisants pour subvenir à ses besoins essentiels et se nourrir, certains producteurs et productrices peinent à écouler leurs denrées. Cette situation constitue une double fardeau pour les paysans et paysannes qui, déjà marginalisé.e.s, vont se retrouver dans une situation encore plus précaire et, dans certains pays, confrontés à la faim. Le coronavirus fait planer la menace d’une crise alimentaire.

Avant la pandémie, une personne sur neuf dans le monde, soit 821 millions d’individus, souffrait déjà de la faim. La crise que nous traversons impacte nos systèmes alimentaires et économiques et risque d’aggraver cette situation déjà extrêmement préoccupante. Dépendant de la gravité de la récession économique, l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) s’alarme d’une augmentation allant de 14,4 à 80,3 millions de personnes souffrant de la faim (FAO:COVID-19 global economic recession: Avoiding hunger must be at the centre of the economic stimulus).

La crise sanitaire questionne le fonctionnement de nos systèmes alimentaires globalisés et interdépendants, qui se révèlent extrêmement fragiles. Les mesures de confinements et de restrictions de mouvements des biens et des personnes pour répondre à la pandémie, augmentent l’insécurité alimentaire aux quatre coins du globe. Beaucoup craignent de mourir de faim avant de mourir du Covid-19.

© Kate Holt

Au Sud, les inégalités exacerbées de nos systèmes alimentaires