« La politique belge de coopération… inefficace pour éradiquer la faim… »

Voici le message fort qu’a fait passer la Coalition Contre la Faim[1] à la Commission des relations extérieures du Parlement Fédéral. Une évaluation indépendante, commandée à la demande du parlement, a fait état de la politique de l’Etat belge[2] pour la sécurité alimentaire. Son constat rejoint en grande partie celui des ONG : il y a un grand manque d’intérêt et d’attentionà la lutte contre la faim dans la politique de coopération de la Belgique[3].

La Belgique s’est engagée auprès de l’Organisation des Nations Unies à participer à la réalisation des Objectifs de Développement Durable. Ceci inclut entre autres l’engagement à éradiquer la faim dans le monde[4]. Malgré cet engagement, depuis 2015, le nombre de personnes qui souffrent de faim et de malnutrition ne cesse d’augmenter, mettant déjà à mal la réalisation de cet objectif à l’horizon 2030.

 

Face à cette situation, il ne s’agit plus seulement de faire plus, il faut également revoir les politiques existantes de lutte contre la faim ! Le constat de la société civile est que la politique belge pour la lutte contre la faim s’avère autant inadéquate qu’inefficace :

  • La Belgique ne priorise pas la sécurité alimentaire et nutritionnelle, et n’a pas respecté ses engagements.
  • Les nouvelles orientations de la Belgique en matière de coopération dans le secteur de l’agriculture et de la sécurité alimentaire ne répondent pas aux enjeux du développement durable et du respect des droits humains.

Dans ce contexte inquiétant, les ONG belges ont demandé aux parlementaires de remettre la question de la lutte contre la faim au centre de l’agenda politique, et de travailler à ce que les politiques de coopération répondent pleinement à l’objectif de sécurité alimentaire.

Afin de s’aligner avec un ensemble de rapports scientifiques internationaux[5] et avec les besoins observés par Iles de Paix sur le terrain, les ONG réclament également que la Belgique réoriente sa stratégie pour faire du soutien aux systèmes alimentaires durables, basés sur l’agriculture familiale et les pratiques agroécologiques, sa nouvelle priorité.

La Coalition Contre la Faim, dont Iles de Paix est un membre actif, a développé un ensemble de propositions, et attend un engagement du Parlement et du futur ministre de la coopération au développement. La Coalition Contre la Faim et Iles de Paix y veilleront.

[1] Plateforme qui réunit 23 ONG belges actives dans la lutte contre la faim, dont Iles de Paix.
[2] C’est l’aide bilatérale directe, c’est-à-dire la coopération qui est exécutée par l’Etat belge, qui faisait l’objet de l’évaluation.
[3] Sont ici spécifiquement ciblées : la coopération bilatérale directe et la coopération multilatérale (contributions financières de la Belgique aux ressources générales des organisations multilatérales).
[4] Il s’agit de l’objectif numéro 2 des Nations Unies pour le Développement Durable.
[5] Notamment: IPBES report on Biodiversity 2019; HLPE report on Agroecology 2019; IPCC report on Climate Change and land use 2019.

Note au Parlement Fédéral sur l’évaluation du Fonds Belge pour la Sécurité Alimentaire (FBSA) et de la politique belge pour l’agriculture et la sécurité alimentaire