Contexte actuel au Bénin

Iles de Paix travaille dans quatre communes du département de l’Atacora (Nord du Bénin). Le contexte régional est marqué par une agriculture de subsistance et une insécurité alimentaire pour une large part de la population.  Cette insécurité alimentaire se traduit par des périodes de soudures sévères,  la sous-utilisation des potentialités de production et consommation locale,  l’importation de nombreux aliments que bien des ménages peinent à payer faute de ressources financières et le manque de qualité et de diversité des aliments disponibles et consommés, notamment en saison sèche.

La dégradation des terres, des sécheresses accrues liées à la déforestation (évaporation, érosion) et aux changements climatiques entrainent une baisse des rendements. La pression démographique et la perte de fertilité accentuent la pression sur les terres et la dégradation du milieu liée au défrichage anarchique et aux brûlis.

Au cours des dernières décennies, les producteurs de la région ont été encouragés à adopter l’usage d’engrais et de pesticides. Toutefois, les circuits de distribution dans la région sont déficients et le prix de ces intrants est prohibitif par rapport aux moyens dont les paysans disposent. Dès lors, ils sont relativement inaccessibles pour les producteurs les plus vulnérables. Lorsque des producteurs parviennent à s’en procurer, ces intrants affectent la rentabilité des exploitations familiales et provoquent un surendettement de nombreux ménages. Ces ménages sont obligés de vendre leur production à bas prix au moment de la récolte, souvent aux usuriers qui leur ont prêté l’argent nécessaire à l’achat des intrants, sans la possibilité de la stocker afin de la vendre à un meilleur prix ou la consommer à un moment où les prix des produits agricoles sont élevés. Les intrants en général, et les semences en particulier, sont par ailleurs souvent inadaptés et/ou de mauvaise qualité.

La culture de coton est très répandue dans la région. Les services déconcentrés sont mobilisés pour appuyer les productions de coton mais très peu les cultures vivrières : les agents y sont peu formés, les mécanismes d’accompagnement ne sont pas effectifs, il y a peu de programmes d’appui à l’accès aux intrants si ce n’est pour les semences améliorées du maïs (mais avec des dysfonctionnements affectant leur qualité) : les agriculteurs sont laissés à eux-mêmes pour leurs cultures vivrières et l’amélioration de celles-ci.

La femme est responsabilisée pour l’alimentation des enfants, mais son accès à la terre est très limité, elle ne dispose que de très peu de contrôle sur la gestion des stocks et a peu d’accès aux formations qui lui permettraient de créer des sources de revenus complémentaires. Même quand elle génère ses propres revenus, elle n’intervient que très peu pour les choix économiques familiaux et pour les décisions qui engagent leur famille et leur communauté.  Leurs compétences et leur positionnement dans la famille et la communauté leur permettraient pourtant, avec une plus grande autonomie, de contribuer à améliorer la situation des exploitations et de leur famille.