La Tanzanie

TANZANIE
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CONTEXTE

Iles de Paix est présente en Tanzanie depuis début 2015. À travers son programme « Maïsha Bora », l’association y travaille aux côtés des populations masaïs du Nord du pays pour fournir à ce peuple d’éleveurs des points d’eau pour le bétail. La situation de forte sécheresse que connait actuellement la région laisse apparaître de manière encore plus criante les besoins en eau de la population et la pertinence de ce programme. Jusqu’à 50 % des troupeaux ont déjà péri, faute d’eau. Ceci impacte directement la sécurité alimentaire de ces familles, alors même que plus de 35 % des enfants souffrent déjà de malnutrition chronique.

Témoin des énormes besoins auxquels fait face la population, dans un pays où 70 % des habitants vit avec moins de 2 dollars par jour, Iles de Paix a décidé de mettre sur pied un programme supplémentaire. Il s’articule autour de la promotion d’une agriculture familiale durable, l’axe d’intervention désormais privilégié par l’association. Le nom du programme? Kilimo Endelevu.

LES SOLUTIONS D’ILES DE PAIX DEPUIS 2015

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Accès à l’eau des populations Massaï (Programme Maïsha Bora)

En partenariat avec les ONG Longido Community Development Organization (LCDO) et Oikos Est Africa.

A Longido et Simanjiro, la population, essentiellement Massaï, vit principalement de l’élevage. La situation de l’accès à l’eau y est critique, tant pour l’abreuvement du bétail que pour la consommation humaine : hommes et femmes se déplacent sur des distances qui peuvent aller jusqu’à plus de 30 kilomètre pour avoir, une fois chaque trois jour, droit à leur « tour d’eau »!

Il s’agit d’une zone qui a été particulièrement frappée par la sécheresse en 2008 qui a parfois causé jusqu’à 50% de perte parmi les troupeaux. Dans ces circonstances, la moindre défaillance du point d’eau auquel se ravitaillent les éleveurs a des conséquences dramatiques. Il faut alors se rendre au point d’eau du village voisin. Certains animaux trop déshydratés ne peuvent effectuer ce déplacement additionnel et meurent en chemin. La situation alimentaire devient alors critique pour les familles (hommes, femmes et enfants).

Ce manque d’eau met aussi particulièrement les femmes en situation difficile, à un autre niveau. En saison sèche, elles restent au village avec les enfants pendant que les maris mènent les troupeaux aux pâturages et aux points d’eau. Elles subsistent alors en ne consommant que du lait. C’est elles qui doivent se rendre aux points d’eau pour couvrir leurs besoins en eau ainsi que ceux des enfants. Elles doivent marcher des heures pour atteindre le point d’eau, puis elles feront encore la file pendant plusieurs heures avant d’être finalement servies.

Il faut alors de recharger les ânes de leurs pesantes cargaisons pour refaire le chemin en sens inverse et rentrer chez elles avec la provision d’eau qui leur permettra de subvenir aux besoins du ménage pour les deux journées suivantes. Aux abords immédiats des points d’eau existants, le terrain est transformé en vaste champ de boue. Malgré les infrastructures qui visent à isoler les zones d’abreuvement, les animaux défèquent dans la zone de distribution d’eau potable. Les conditions d’hygiène sont insuffisantes et l’eau à usage domestique est souvent contaminée.  Cette situation génère donc aussi des problèmes de santé. À Longido, 35% des ménages sont en insécurité alimentaire et 70% d’entre eux à Simanjiro.

Iles de Paix a conduit un diagnostic approfondit dans les 15 villages du programme qui a consisté à rencontrer les autorités locales, les comités de gestion des points d’eau et de visiter l’ensemble des points d’eau pour faire un diagnostic de leur état actuel de fonctionnement et proposer des solutions pour leur réhabilitation, extension, renforcement afin que ces points d’eau puissent fournir plus d’eau et de meilleure qualité pour le bétail des Massaï. Ce diagnostic nous permet de mieux connaître les réalités et d’intégrer les besoins, les souhaits et les propositions des bénéficiaires dans nos propositions techniques.

07 Tanzanie Sebastien Mercado

Alimentation (Programme Kilimo Endelevu)

Programme d’agriculture familiale durable avec les ONG RECODA et MVIWATA Arusha

La région identifiée, le district de Karatu, se situe à une centaine de kilomètres de la ville d’Arusha. Alors que 80 % de la population y vit de l’agriculture et du petit élevage, ce secteur d’activité s’inscrit encore dans une logique de subsistance et ne permet pas aux familles de satisfaire leurs besoins de base. Leurs conditions de vie sont précaires et on relève dans la région des taux élevés de malnutrition et de pauvreté ainsi qu’un faible accès aux services de base comme l’école, l’eau potable ou les soins de santé.

À chaque producteur ses solutions. 

Le programme vise à renverser cette situation. Il repose sur une vision du futur au sein de laquelle les agriculteurs familiaux et micro-entrepreneurs de Karatu seraient en mesure de satisfaire leurs besoins de base et de gagner en estime d’eux-mêmes, tout en respectant l’environnement. Pour cela, Iles de Paix s’est inspiré de l’approche agroécologique.

Dans un premier temps, en collaboration avec ses partenaires locaux, Iles de Paix réalise dans chaque village une analyse des produits cultivés, de l’accès à l’eau, du sol ou encore des attentes de la population. En fonction de ces paramètres, un ensemble de techniques de production particulièrement adaptées à leur environnement spécifique sera proposé aux paysans.

Chacun d’eux pourra alors choisir parmi ce « panier », les solutions qui lui conviennent au mieux, selon ses priorités propres.

Les techniques proposées aux paysans cherchent à favoriser l’articulation entre les différentes activités au sein d’une même ferme familiale. Ainsi, par exemple, les déjections des petits animaux d’élevage comme les poules ou les chèvres sont utilisées comme engrais pour les cultures, l’utilisation du compost est privilégiée, la récupération de l’eau pour l’irrigation est promue, etc. Une autre technique promue par Iles de Paix – qui a fait ses preuves dans d’autres pays d’intervention comme le Burkina Faso ou le Bénin – consiste à associer différentes cultures qui se renforcent mutuellement, comme le maïs et des légumineuses.

Autre particularité des techniques parmi lesquelles les producteurs peuvent faire leur choix : elles privilégient autant que possible l’autonomie de l’habitat familial. Ainsi, l’association et ses partenaires accompagnent les familles dans l’installation de systèmes d’irrigation pour leur ferme, comme de petites infrastructures de collecte de l’eau de pluie. Des infrastructures de stockage des récoltes à domicile sont aussi proposées, de même que des outils de transformation des produits agricoles.

Autant de techniques et d’équipements qui permettront de créer les conditions favorables à de meilleurs revenus, à une alimentation de qualité et à des conditions de vie améliorée. Et ce, de surcroît, en libérant les paysans de la nécessité d’acheter de coûteux pesticides et autres engrais chimiques. Une économie non négligeable, et un fameux bonus pour l’environnement !

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