Le nouveau programme d’Iles de Paix en Ouganda

Cette année, Iles de Paix met le cap sur l’Ouganda. Ici aussi, ce sont les besoins de la population et la plus-value que peuvent apporter les projets de l’association qui l’ont guidée vers la région de Fort Portal, à l’Ouest du pays. Il s’agit d’une zone rurale au sein de laquelle la majorité des familles tire de l’agriculture ses moyens de subsistance.

Quand la dégradation de l’environnement affecte l’agriculture, et inversement

Caractérisée par une très forte densité de population, la région est confrontée à une dégradation accélérée de ses ressources naturelles et une forte érosion. Les paysans voient leur production se réduire d’année en année, ce qui affecte inévitablement leurs conditions de vie. Faute d’appui technique approprié, les familles rencontrent des difficultés pour s’adapter aux changements que connait l’environnement dans lequel ils vivent depuis des générations. Résultat, les hommes et les jeunes partent vers les villes où ils viennent grossir les rangs des populations défavorisées.

Les programmes existants d’appui à l’agriculture ne sont pas parvenus, jusqu’ici, à rompre ce cercle vicieux reliant les pratiques agricoles déficientes à la dégradation des ressources naturelles. Trop généralistes, ces programmes ne prennent pas suffisamment en compte les spécificités sociales et environnementales de chaque zone, chaque village, voire chaque famille. Iles de Paix entend, comme pour l’ensemble de ses programmes, impliquer les populations dans l’identification de solutions adaptées, répondant précisément à leurs besoins et à leurs attentes.

Des techniques testées et approuvées par les producteurs

La première étape du programme consiste à tester ces solutions agroécologiques sur le terrain. Pour cela, Iles de Paix et ses partenaires accompagneront les producteurs dans l’expérimentation de techniques grâce auxquelles ils pourraient améliorer leur production et leurs revenus. C’est ce qu’on appelle la recherche-action paysanne. À titre d’illustration, un producteur de bananes plantains va pouvoir analyser dans quelle mesure l’association de cette plante avec certaines variétés de haricots, sur une même parcelle, va pouvoir doper sa production. D’autres paysans pourraient, par exemple, tester des systèmes de butes qui retiennent l’eau pour améliorer l’irrigation de leur champ. L’efficacité des techniques de production et de stockage expérimentées sera alors analysée et les plus probantes seront diffusées auprès des familles de la région, en veillant toujours à leur proposer des solutions adaptées à leur propre situation. À côté de ces pratiques issues de la recherche-action, Iles de Paix formera également les paysans à des techniques durables qui ont déjà fait leurs preuves. Citons notamment l’utilisation du compost ou encore du biol – un engrais « maison » composé de plantes, de sucre et de déjections animales – pour enrichir les sols. Parmi les producteurs formés, certains seront particulièrement impliqués dans le programme d’expérimentation des techniques et bénéficieront d’un programme de formation plus poussé. Ils rempliront alors le rôle d’ « expert » en agroécologie au sein de leur communauté. Ces « super farmers », comme on les appelle là-bas, sont chargés de transmettre aux familles du village les techniques apprises et jouent le rôle de référent en cas de question de la part de leurs confrères paysans. Allier préservation de l’environnement, amélioration des conditions de vie et approche participative impliquant les communautés au quotidien, tels sont les piliers de l’action d’Iles de Paix. Ils constituent également les principaux traits de caractère du dernier venu au sein de la fratrie des programmes estampillés Iles de Paix.