Covid-19: Comment les équipes d’Iles de Paix s’adaptent au Burkina Faso ?

Dans le contexte actuel, les différentes équipes d’Iles de Paix et ses partenaires s’adaptent afin de maintenir les nombreuses activités prévues et l’accompagnement des familles paysannes. C’est notamment le cas pour le programme Kood Zaanbo qu’Iles de Paix mène avec son partenaire Nourrir Sans Détruire (ANSD) au Burkina Faso.

En langue locale, Kood Zaanbo signifie « gérer les récoltes ». Outre le développement de la production agro-écologique, ce programme met l’accent sur le stockage, la conservation, la transformation et le commerce par les familles paysannes.

Madame Coulibaly, une des animatrices du programme Kood Zaanbo dans le village de Diabo, témoigne : « Malgré le contexte de crise sanitaire et sécuritaire, nous continuons de nombreuses activités. Nous prenons le maximum de précautions : nous nous focalisons surtout sur l’appui conseil des ménages et le suivi individuel des agriculteurs et agricultrices. Les rencontres qui nécessitaient un grand nombre de personnes sont pour le moment suspendues à cause du coronavirus ».

La formation par échanges de savoirs est une technique d’apprentissage qu’Iles de Paix et ses partenaires mettent en place dans le cadre de leurs programmes. Déclencheurs de changement, les voyages d’échanges sont l’occasion pour les agriculteurs de rencontrer les familles des villages alentours et de pouvoir échanger sur les solutions et techniques mises en œuvre.  Cette méthode de travail s’avère extrêmement efficace pour sortir de l’isolement des producteurs parfois empêtrés dans leurs difficultés, car elle permet d’élargir leur horizon à d’autres pistes de solutions.

Madame Coulibaly témoigne des changements mis en place afin de faire face au Covid-19  : « Un voyage d’échange, qui devait réunir 36 producteurs, était au programme. Nous avons décidé de scinder les participants en groupe de 6 personnes qui iront à la rencontre d’un paysan innovateur dans un des villages d’intervention tout en essayant de garantir le respect à la distanciation physique entre les participants. Ainsi tous les 36 producteurs pourront participer à cette activité importante. Mais ça nous prendra également plus de temps, de logistique et d’organisation ».

Forts de ces partages de connaissances, les producteurs-voyageurs pourront revenir sur leurs parcelles avec de nouveaux savoir-faire.

Iles de Paix et ses partenaires continuent également les formations en gestion, au crédit et à l’épargne. Madame Coulibaly confirme que ces activités continuent, avec une séries d’adaptations, malgré la crise : « D’ordinaire, les femmes se réunissent en collectivité pour les opérations de collecte et de redistribution de l’argent dans le cadre de groupes d’épargne et de crédits. Maintenant elles le font par petits groupes de 5 femmes maximum. ».

Grâce à ces adaptations et malgré le contexte très difficile avec la crise sanitaire qui s’ajoute à la crise sécuritaire au Burkina Faso, les familles peuvent donc continuer à améliorer leur stockage et valoriser leur production en la transformant. Des pistes sont également à l’étude afin de permettre aux agriculteurs de continuer la commercialisation des produits agricoles malgré la fermeture de certains grands marchés. Un important travail de mise en relation avec des potentiels acheteurs est déjà en cours.