Témoignage d’un riziculteur burkinabé

Fiffou Sandwidi a 35 ans et partage sa cour avec trois autres familles, au total ils vivent à dix-huit. Il est agriculteur et éleveur à Kougdo, dans la commune de Gounghin au Burkina Faso. Il a reçu un appui à l’aménagement de bas-fonds pour la production de riz pluvial de la part de Iles de paix.

« Avant de recevoir l’appui du projet, je cultivais seulement les céréales traditionnelles. Nous avions un grand bas-fond dans le village mais nous ne savions pas comment l’exploiter. Nous ne savions pas comment réduire la vitesse de l’eau qui ruisselle ni quelles semences utiliser et nous n’avions aucunes notions des techniques culturales pour la production de riz.

Les appuis reçus ont été nombreux : nous avons suivi plusieurs formations sur différents thèmes et nous avons été dotés de petit matériel. Nous avons travaillé ensemble pour contribuer au développement et à l’aménagement du bas-fond. Il fallait défricher le lieu et collecter les moellons pour réaliser les diguettes. Au début, ce n’était pas certain que nous pourrions cultiver le bas-fond car le propriétaire n’était pas d’accord. Heureusement, avec l’aide d’îles de paix, nous avons pu le faire changer d’avis.

La superficie que je cultive en riz est de 600 m². Je commence à labourer en mai pour pouvoir semer vers le 15 juin. Une fois que le riz a germé, j’applique la fumure organique que j’ai préparée. La seule difficulté à laquelle nous devons faire face c’est la solidité des diguettes. Lorsqu’il y a de fortes pluies, les diguettes peuvent céder, nous devons donc investir dans du ciment pour les renforcer.

Aujourd’hui nous ne devons plus acheter de riz au marché. Nous consommons notre production et nous pouvons même en vendre une partie ce qui a pu contribuer à payer la scolarité des enfants et les soins de santé. Notre qualité de vie est meilleure car nous consommons plus souvent du riz à la maison.

Afin d’encore améliorer l’activité, nous devons continuer à exploiter notre bas-fond et nous espérons pouvoir un jour former une association des riziculteurs de Kougdo. »