Les projets de développement autonome et intégré des Iles de Paix dans le Sud sont en grande partie financés par les bénéfices de la vente de modules lors de la campagne annuelle. Cet objet transactionnel, plutôt que de revêtir un caractère d'utilité pratique, se caractérise par une dimension symbolique en rapport avec les objectifs de l'ONG : "Pierre par pierre, construisons la paix". Deux générations de modules ont vu le jour depuis la première Campagne, en 1971.
La brique
Le premier, vendu de 1971 à 1976, était une curiosité issue du cerveau fertile de Baudouin Ledecq. Fort remarqué à l'époque, le "gros module" fut récompensé, l'année de sa création, d'une mention au Grand Prix biennal du Design Center de Bruxelles. En 1973, il y eut même un stand "module" à l'exposition permanente du Design Center à la Galerie Ravenstein.
Cette brique empilable à l'infini était ingénieuse, facile à fabriquer et, donc, bon marché. De surcroît, en tant que "module", elle pouvait faire partie d'un ensemble de deux à l'infini. C'était donc, en quelque sorte, un symbole de l'homme-individu et de l'homme solidaire des autres hommes. Puisqu'il pouvait, par ailleurs, s'emboîter de mille manières avec ses semblables, le module impliquait une notion de collection, suscitant, d'année en année, le désir de l'enrichir de nouveaux éléments.
Le premier module n'avait qu'un seul défaut: sa taille, trop importante, engendrait des difficultés de stockage et de manipulation courante. C'est la raison pour laquelle, ultérieurement, une nouvelle brique a été conçue à une dimension fort inférieure: un sous-multiple, en quelque sorte, qui permettait encore des montages avec les grands modules. Ce modèle a été vendu de 1977 à 1985 inclus.
Le petit bonhomme
L'intermédiaire
C'est alors qu'est né le "Petit Bonhomme" qui a la faculté, lui aussi, de s'assembler avec ses congénères. Sa symétrie axiale et la constance du rapport des distances entre ses extrémités permet de le connecter à d'autres figurines par emboîtement des terminaisons. Par la multiplicité des connections possibles, des infinités de réseaux géométriques complexes peuvent être conçus ; la flexibilité des membres du " bonhomme " permettant des liaisons tant dans le plan que dans l'espace.
L'anthropomorphisme du module exprime plus clairement encore que ses prédécesseurs la réciprocité des échanges entre ceux qui peuvent, aujourd'hui, aider et ceux qui le pourront demain. Son créateur, Paul Gonze, l'a baptisé "L'Intermédiaire" car il renvoie à une conception de l'homme qui, isolé dans un cercle comme dans une île, ou sur la Terre, ne vit et ne fonctionne qu'en tant que maillon intermédiaire entre d'autres.
Bras grands ouverts, suggérant autant l'appel à l'aide que la bienvenue, l'Intermédiaire est inspiré par la "figure de l'homme dans un cercle" de Léonard de Vinci. Le dessin de Vinci était, pour les hommes de la Renaissance, l'expression synthétique de l'idéal d'humanisme, d'autonomie personnelle associée à une volonté d'ouverture au monde, aux autres. Plus récemment, cette image a symbolisé l'homme favorisant par l'usage combiné des arts et de la technique, de la philosophie et des sciences, le progrès général.
Se connectant avec ses semblables pour engendrer des réseaux, le module actuel se révèle, donc, élément solidaire d'une chorégraphie qui déborde l'individu. Cependant, comme chaque individu, il diffère des autres - par sa couleur, sa texture - et est donc unique, irremplaçable dans le réseau d'échanges et de solidarité qui fait la force des Iles de Paix.
Le partenaire
En 1996, Paul Gonze décide de pousser le concept du module un peu plus loin. Pour illustrer les spécificités de chaque individu du monde, leurs richesses respectives et les difficultés que certains d'entre eux ont pour communiquer ensemble, il décline le petit bonhomme en 24 versions différentes, en jouant sur le type de terminaison présent sur les pieds, les mains et la tête. Sur le module de base, l'intermédiaire, chaque point de fixation est du type positif / négatif. Sur le partenaire, on peut trouver, en plus, des fixations positif / positif, négatif / positif ou négatif / négatif et plusieurs types de fixations différents peuvent être présents sur un seul module. Le nombre de fixations positives sur le recto du module définit sa richesse. Certains modules, de par leur configuration, ne peuvent plus s'emboîter aussi facilement avec les autres.
Simultanément, Paul Gonze écrit les règles de plusieurs jeux de coopération basés sur ces modules. Toutefois, pour pouvoir y jouer vraiment, au moins une vingtaine de modules étaient nécessaires, nombre qu'il est difficile (et coûteux) à atteindre puisque les modules sont vendus en sachet de deux. Pour la campagne 1999, le module "partenaire" est retiré de la vente, étant donné le peu de succès qu'il rencontrait auprès du grand public et la complexité des règles du jeu.
Montages de module
Au fil des ans, les enfants (et leurs parents) ont rivalisé d'ingéniosité pour réaliser des objets à base de modules. Actuellement, le Graal de beaucoup d'entre eux, c'est la réalisation du globe, à partir de 60 modules. Mais d'autres constructions sont possibles, comme, par exemple,
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>Les instructions de montage d'un globe
>Envoyez nous vos propres montages (campagne@ilesdepaix.org)


