Rencontre avec Ayesiga, notre nouvelle directrice en Tanzanie

Peux-tu te présenter brièvement ? Quel est ton parcours ?
J’ai une grande passion pour les systèmes alimentaires et l’engagement collectif. Sur le plan éducatif, je suis titulaire d’une maîtrise en développement communautaire et d’un diplôme en économie domestique et en nutrition humaine de l’Université d’agriculture de Sokoine. En outre, j’ai eu le privilège de suivre un cours sur les systèmes alimentaires dispensé par l’université de Wageningen.
Tout au long de ma carrière, qui s’étend sur plus de 19 ans, j’ai acquis une expérience précieuse en travaillant en étroite collaboration avec les communautés et en gérant divers programmes financés par des donateurs, tant au sein d’ONG locales qu’internationales. En tant que directrice, je crois fermement au potentiel et à la dignité des individus au sein de mon équipe. Mon amour pour la Tanzanie est profond, et je suis vraiment fière de contribuer à l’amélioration et à la transformation des systèmes alimentaires de notre pays par le biais de diverses initiatives. J’ai une passion pour le développement de la jeunesse et, en dehors de mon travail, j’organise différentes activités pour les jeunes, telles que Girls Talk, Pre-University Seminar et Back to School events.
Quelle a été ta réaction quand tu as appris que tu devenais directrice en Tanzanie ?
J’ai ressenti un mélange d’émotions. Après cinq ans de collaboration avec Ludovic au sein de l’organisation, il était difficile d’accepter son départ, d’autant plus qu’il avait été un bon leader, un formateur et un mentor proche. D’un autre côté, j’ai eu le courage de me dire que c’était un moment pour moi de grandir, un autre défi que je devais relever pour mon progrès personnel et professionnel après avoir travaillé dans le secteur du système alimentaire pendant 19 ans. Je suis donc heureuse et optimiste pour le futur.
Un projet à venir qui te motive particulièrement ?
Oui, nous venons de lancer un nouveau projet financé par le Luxembourg et intitulé (Kilimo Endelevu Arusha +). Je suis très enthousiaste car ce nouveau programme comporte des éléments qui complètent très bien notre programme actuel (Kilimo Endelevu Arusha). Nous avions des problèmes concernant l’accès à l’eau pour les agriculteurs, et nous sommes confrontés à des défis lorsqu’il s’agit de pratiquer l’agroécologie dans une région où l’eau est très rare. Le nouveau programme va soutenir 100 réservoirs d’eau pour les agriculteurs et les écoles. J’ai hâte de voir les agriculteurs irriguer leurs cultures et être en mesure de récolter même pendant la saison sèche.
Un autre élément qui m’enthousiasme est la collaboration avec les écoles. Dans les projets précédents, nous ne travaillions pas directement avec les écoles. Je suis donc très heureuse que nous puissions contribuer à une meilleure alimentation et améliorer les repas scolaires, améliorer la nutrition des jeunes enfants, ce qui est un cas critique dans notre pays, et aussi être en mesure de transmettre des techniques d’agroécologie à la jeune génération.
Tu es venue en Belgique pour rencontrer l’équipe du siège en juin. Comment s’est passé ton séjour ?
Ce fut une expérience agréable pour moi, car c’était aussi ma première fois en Belgique et au sein de l’équipe du siège. J’ai apprécié d’interagir avec l’équipe et découvrir les activités quotidiennes de chaque unité et la manière dont elles sont liées à notre travail sur le terrain.
Un légume ou un plat tanzanien que tu aimes particulièrement ?
J’aime beaucoup les légumes traditionnels cultivés ici en Tanzanie. Nous en avons beaucoup, mais mon préféré est le Msusa (feuilles de citrouille). Normalement, nous les cuisinons avec du beurre de cacahuète et du beurre de noix de coco, c’est tellement délicieux. Ce légume peut être consommé avec de l’Ugali (porridge rigide), du riz ou des bananes cuites.
Aimes-tu cuisiner ? As-tu une recette tanzanienne à nous partager ?
Oui, j’aime beaucoup cuisiner. Je peux partager avec vous un simple plat local appelé Matoke. (C’est le plat que la plupart des habitants du nord-ouest de la Tanzanie mangent, mais c’est aussi le plat que la plupart des Ougandais mangent).
Recette :
Ingrédients :
- banane verte (pelée),
- viande,
- haricots (cuits),
- aubergine africaine,
- oignon,
- beurre de cacahuète
- sel
Ce plat est simple : Il suffit de tout mélanger dans une casserole en commençant par la viande au fond, puis les haricots et les bananes. Il faut 30 à 40 minutes pour que le plat mijote, en continuant à réduire la température. Au bout de 20 minutes, vous pouvez ajouter des oignons et des aubergines africaines, du beurre de cacahuète et du sel. Nous couvrons généralement la casserole avec une feuille de bananier, ce qui permet de conserver la chaleur et de rendre les bananes moelleuses.