La société civile, pilier d’un développement local durable

© Stéfanne Prijot

Dans les programmes d’Iles de Paix, le travail en partenariat avec des organisations locales occupe une place centrale. Ces ONG, actrices de la société civile dans leurs pays respectifs, sont engagées en faveur du développement durable de leur région. Leur ancrage local, leur expertise de terrain et leur connaissance fine des enjeux sociaux, économiques et environnementaux permettent de concevoir et de mettre en oeuvre des cadres d’action pleinement adaptés aux contextes, dans le respect des dynamiques déjà à l’oeuvre au sein des communautés.

Ce choix du partenariat traduit une conviction forte : le développement durable repose avant tout sur la reconnaissance des savoirs, des capacités d’action et de l’engagement des femmes et des hommes qui en sont les acteurs principaux. En travaillant avec des ONG solidement ancrées dans leur territoire, Iles de Paix s’associe à des organisations qui partagent cette approche et qui accompagnent les familles paysannes dans la valorisation de leurs pratiques, de leurs expériences et de leurs aspirations.

Mais nos alliances ne se limitent pas à la mise en oeuvre d’activités conjointes : elles constituent un espace de dialogue et d’apprentissage. Ainsi, en élaborant ensemble les stratégies d’intervention et en assurant un suivi conjoint des actions de terrain, nous renforçons nos expertises respectives. De même, en réfléchissant ensemble aux défis à relever pour soutenir la transition agroécologique des systèmes alimentaires, en partageant les succès et les difficultés, nous nous enrichissons mutuellement. C’est dans ce modèle de
coopération, au sein duquel le dialogue est central, que se déploie pleinement le potentiel de nos organisations respectives et de notre partenariat.

Dans ce numéro de Transitions, quelques-uns de nos partenaires – actuels ou à venir – sont mis à l’honneur par région d’intervention, tout comme certaines de leurs activités inscrites à l’agenda 2026. Bien qu’ils ne soient pas les seuls avec qui nous collaborons dans leur pays, leur regard apporte un éclairage précieux sur les dynamiques en cours.

Partenaires
Iles de Paix collabore avec plus d’une cinquantaine de partenaires à travers le globe et est active dans de nombreux réseaux belges et internationaux. Retrouvez la cartographie complète de nos partenaires : www.ilesdepaix.org/decouvrir/reseaux-alliancespartenariats/partenairesstrategiques


Ce dossier est tiré du numéro 149 du magazine Transitions.


Un pilier de la transition agroécologique

Au coeur du Burkina Faso, l’Association pour la Recherche et la Formation en Agroécologie
(ARFA) oeuvre depuis plus de trente ans à une transformation en profondeur du modèle agricole. Leur approche : placer l’agroécologie au centre d’un projet de société. Cela se traduit par produire autrement, préserver l’environnement, renforcer l’autonomie des communautés rurales et garantir la sécurité alimentaire et nutritionnelle des familles.

Pour ARFA, l’agroécologie est une approche globale, un système où la production agricole
s’appuie sur la solidarité, la recherche participative et la valorisation du capital social.
L’accompagnement des personnes qui travaillent la terre dans une optique de durabilité est
son coeur de métier. L’organisation forme, équipe et fédère : des producteurs-relais
transmettent les savoirs, tandis que des groupes d’entraide favorisent la diffusion des pratiques agroécologiques adaptées au climat sahélien.

L’année 2026 s’annonce comme une étape de consolidation et de capitalisation pour ARFA. Avec Iles de Paix, ils prévoient, entre autres, d’accompagner les producteurs et productrices de sept sites maraichers pour atteindre leur autonomie technique et économique. Il s’agira notamment d’améliorer la gestion des nuisibles et la qualité des récoltes. De plus, près de 95 éleveurs de volailles et 11 fermes modèles, appelées « mini-vitrines », seront soutenus dans l’élaboration de plans de gestion solides. L’ambition ? Les aider à se professionnaliser et à devenir de véritables entrepreneurs agroécologiques.

Mais l’organisation veut aussi transmettre un patrimoine de savoirs vivants : des témoignages, des fiches techniques et des vidéos pédagogiques pour documenter les meilleures pratiques et inspirer d’autres acteurs, au Burkina Faso comme ailleurs.

Pour découvrir des exemples de pratiques, rendez-vous sur : www.ilesdepaix.org/
publication-cap-alternatives

Des écoles belges, partenaires de la solidarité internationale

En Belgique, Iles de Paix poursuit ses partenariats avec les écoles pour favoriser la
citoyenneté mondiale et solidaire. En 2026, une douzaine d’enseignants de six écoles
participeront à un voyage de formation à l’étranger, précédé d’un parcours de formation
à la solidarité internationale. À leur retour, ils seront des ambassadrices et ambassadeurs de la solidarité mais aussi les chevilles ouvrières, au sein de leurs établissements, de projets concrets d’éducation à la citoyenneté mondiale.

Une attention portée à tous les acteurs

Sur les hauteurs des Andes péruviennes, l’Institut de Développement Local (IDEL) conçoit
le progrès durable à travers la participation et le respect des droits fondamentaux. Ainsi,
l’association s’ancre profondément dans les territoires andins et y accompagne des
communautés dans leur organisation pour la mise en oeuvre, avec les autorités locales, d’actions collectives de protection et de gestion durable de leurs ressources naturelles.

En 2026, IDEL ambitionne, dans les communes soutenues, de consolider la prise en compte de l’approche agroécologique au sein des politiques locales. Ce travail s’appuiera sur des réalisations concrètes portées conjointement par les autorités et les communautés villageoises : systèmes d’irrigation adaptés, infrastructures postrécolte durables et diffusion de technologies respectueuses de l’environnement. Tout cela dans le but d’améliorer les chaines de valeur pour les produits locaux tels que les pommes de terre ou le café, de réduire les pertes et d’augmenter les revenus des familles productrices, tout en préservant la qualité de leurs produits.

De plus, une attention particulière sera portée à l’éducation environnementale, à la participation citoyenne et à la promotion d’une alimentation saine et locale. Car l’ambition d’IDEL, c’est de bâtir des territoires où la qualité de vie et le respect de la nature se nourrissent mutuellement, pour que les Andes péruviennes deviennent un terreau vivant de durabilité et de confiance partagée.

Des jeunes mobilisés pour leur communauté

Dans les collines de l’Atacora, au nord du Bénin, Iles de Paix et l’organisation locale ERAD ONG travaillent avec les communautés rurales, en soutenant tout particulièrement les femmes et les jeunes.

En combinant des formations, des pratiques nouvelles et des technologies de l’information, ERAD accompagne des jeunes qui s’engagent à faire changer les pratiques alimentaires : réduction du gaspillage, business en circuits courts et agroforesterie ou techniques de protection des sols. À travers des formations, du coaching et la structuration d’organisations locales, les femmes, quant à elles, gagnent en reconnaissance et en autonomie économique en participant activement aux décisions communautaires.

Pour 2026, le cap est clair : former, fournir des équipements, créer du lien entre les personnes et encourager l’autonomie. ERAD prévoit d’investir dans du matériel agricole et de transformation à énergie solaire pour alléger le travail des femmes dans le maraichage et dans la mise en réseau entre producteurs et vendeurs.

Agir en réseaux pour renforcer l’impact

Depuis de nombreuses années, l’ONG Mviwaarusha soutient des groupements
de familles paysannes et des groupes de microfinance pour produire, valoriser, transformer et commercialiser des produits issus de l’agroécologie. Grâce aux systèmes de
microfinance locaux, Mviwaarusha accompagne les producteurs à mieux vendre leurs productions tout en préservant la biodiversité, en renforçant leur autonomie financière et la résilience de leur communauté.

En 2026, le partenariat avec Iles de Paix se déploiera sur plusieurs fronts : intensification
des pratiques agroécologiques (diversification des cultures, engrais naturels, cultures locales,…), utilisation, partage et conservation de semences locales, facilitation de l’épargne ou de l’accès à des emprunts et recherche de nouveaux débouchés pour la vente des produits agroécologiques.

De plus, en participant à des évènements, des réunions de partage d’expérience, des
publications communes, Mviwaarusha et Iles de Paix poursuivront un plaidoyer pour encourager plus d’organisations et de personnes à faire évoluer les pratiques et politiques agricoles.

Cultiver la durabilité au coeur de la ville

Dans la vallée de Cochabamba, au coeur de la Bolivie, la Fundación Agrecol Andes protège la vocation agricole de la région tout en accompagnant l’agriculture urbaine et périurbaine durable. Ici, chaque parcelle cultivée est un acte de résistance face à l’urbanisation galopante mais aussi un moyen de concilier production alimentaire, inclusion sociale et respect de l’environnement.

Les cultures des jardins et fermes développées par l’organisation en bordure de la ville sont destinées à la consommation des familles, à la transformation en produits consommés localement et à la vente via des circuits courts. Cette approche a une triple finalité : favoriser la biodiversité, réduire l’impact environnemental et renforcer la quantité ainsi que la qualité des aliments consommés localement. De plus, producteurs et consommateurs se rencontrent dans une logique d’économie sociale et solidaire, renforçant les ressources économiques des familles et la qualité de vie dans leurs quartiers.

Pour 2026, la Fundación Agrecol Andes place ses priorités sur le développement de jardins
agroécologiques et d’espaces gérés selon les principes d’agroforesterie. La fondation va
également participer aux concertations avec les autorités locales à travers des processus
participatifs, où citoyens et institutions locales développent des projets de protection des
terres cultivables et partagent des idées pour soutenir un modèle agricole durable.

Renforcer la dignité des vendeurs de rue

© Terry Roiseux

Dans les rues de Fort Portal, à l’ouest de l’Ouganda, Kabarela Research Center (KRC) et
Iles de Paix réinventent la place des restaurateurs de rue dans le système alimentaire urbain. L’enjeu : jeter des ponts entre l’agriculture rurale et la consommation citadine, tout en préservant la qualité et l’hygiène des produits vendus.

Longtemps perçus comme un secteur informel à la marge, les restaurateurs de rue sont
aujourd’hui reconnus comme des acteurs clés de l’alimentation des familles urbaines. À travers ses activités, KRC encourage la création d’associations de restaurateurs à Fort Portal. Ces regroupements servent de tremplin pour des formations en hygiène, nutrition et gestion d’entreprise. Puis, en collaboration étroite avec les autorités municipales, KRC organise également la surveillance sanitaire et défend de meilleures conditions de travail pour ces microentrepreneurs.

En 2026, KRC souhaite former 300 restaurateurs, aménager cinq zones de vente équipées en eau et infrastructures d’hygiène, diffuser un guide pratique et renforcer les contacts entre producteurs ruraux et restaurateurs urbains. Car, au-delà de l’amélioration des pratiques, ces démarches redonnent voix et dignité à ceux qui nourrissent chaque jour la ville.

Du pain sur la planche !

Ces 18 derniers mois, le secteur des ONG luxembourgeoises a vu le vent tourner avec
l’annonce d’une réforme des activités de sensibilisation réalisées dans le pays. Depuis
cette annonce, le Cercle des ONG, dont fait partie Iles de Paix Luxembourg, a mise
en place une nouvelle approche de travail sectoriel reposant sur des valeurs, visions et
missions partagées (cadre sectoriel partagé de 2026 à 2035). La grande nouveauté
sera la mise en place de programmes quinquennaux d’Éducation à la citoyenneté
mondiale en consortium. Il s’agira de travaille conjointement à plusieurs organisations sur des thématiques telles que les droits humains, le changement climatique ou encore l’agriculture durable afin d’informer et d’éveiller les consciences sur les réalités et les enjeux actuels vécus tant au Luxembourg qu’à l’étranger. À travers des ateliers dans les écoles, des événements grand public ou d’autres actions, notre rôle sera de cultiver la solidarité entre tous et toutes.

Rendre l’alimentation durable plus accessible

Dans certains quartiers de Bruxelles, trouver des fruits et légumes locaux et bio relève du défi. C’est là qu’intervient UP ! Lokal, une association qui permet aux commerces de proximité de distribuer des produits frais et durables.

Le principe est simple mais ingénieux : dans des épiceries bruxelloises partenaires, des étagères sont dédiées aux produits de producteurs locaux. Les clients peuvent les acheter à l’unité ou opter pour des paniers adaptés, via un abonnement hebdomadaire d’au moins quatre semaines. Tout le monde y gagne. Les consommateurs accèdent plus facilement à des produits de saison à la fois locaux et bio et le tout à des tarifs compétitifs grâce à l’absence d’intermédiaires. Les maraichers bénéficient d’une filière d’écoulement stable. Et l’épicier élargit l’offre de son magasin en ne prenant qu’un risque financier limité.

Mais UP ! Lokal mise aussi sur le lien social, transformant les épiceries en espaces de
rencontres et de mixité. Au fil du temps, ce maillage devient un terreau de sensibilisation au
sein de quartiers peu connectés au travail de la terre.

Sans surprise, Iles de Paix partage pleinement cette vision. Nos deux organisations réfléchissent ainsi à une collaboration dès 2026, afin de rendre les produits encore plus accessibles et d’intégrer des paniers solidaires à prix modique pour les familles en situation de précarité. Une manière de faire essaimer le projet Mangu Sane de Jambes vers Bruxelles ?

Les différents exemples de terrain de ce dossier confirment que la transition vers des systèmes alimentaires durables ne peut rester solide et durable qu’en se construisant collectivement et localement.

En 2026, c’est donc en misant sur l’alliance d’expertises, de solidarité, de savoir-faire
locaux, en partageant les compétences et les ressources et en travaillant avec (plutôt
que pour) les familles paysannes, qu’Iles de Paix et ses partenaires continueront à renforcer le droit à l’alimentation pour toutes et tous, ainsi que l’autonomie et la dignité de chaque acteur de l’alimentation.


Ce dossier est tiré du numéro 149 du magazine Transitions.


Préférences des cookies

Les cookies permettent à ce site de fonctionner correctement et nous permettent de personnaliser les actions marketing (Google, Facebook et autres).

Lire notre politique de cookies
Lire notre politique de cookies