Partez à la rencontre des Kielem, une famille paysanne engagée dans la transition agroécologique au Centre-Est du pays. Découvrez comment, chaque jour, ils trouvent des solutions pour nourrir l’ensemble de cette belle famille. Vous apprendrez, entre autres, que pour atteindre leurs objectifs de production, ils doivent faire face à des contraintes techniques, écologiques, sanitaires et financières. A travers les numéros de la Newsleterre, projetez-vous, durant un an, dans le quotidien de cette famille burkinabè.

Dans la famille Kielem, tous les frères, sœurs, cousins, cousines, oncles, tantes, grands-parents et parents se serrent les coudes dans les tâches journalières ! Dans ce numéro inaugural de la Newsleterre, commençons par faire connaissance avec quatre de ses membres : Paul, Monique, Mathieu et Arnaud.

Véritable pilier au sein de la famille, Paul s’occupe de la coordination des activités agricoles (production de céréales, maraichage, semences) et des tâches liées à l’élevage.

Fort de son expérience, ce papa aux multiples casquettes veille à la bonne réalisation de chaque tâche, alliant organisation, efficacité et sens du détail.

Paul se consacre aussi à la vente du bétail et à la gestion des stocks de récolte destinés tant à la consommation familiale qu’à la vente.

Mère de famille incontournable, Monique (l’épouse de Paul) contribue aussi aux revenus du ménage à travers la production et la vente de dolo, une bière locale à base de sorgho, très appréciée en Afrique sub-sahélienne. Cet apport financier permet de participer, d’une part, aux frais relatifs à la scolarisation des enfants, et d’autre part, à l’alimentation générale et aux soins de santé nécessaires pour la famille.

En plus de l’organisation des tâches ménagères, Monique est également sur le pont en période de récolte. Elle participe ainsi aux activités aux champs et s’occupe de l’alimentation des poules et des chèvres de la ferme.

Autre pilier de la ferme : Mathieu, qui combine sa vie d’élève à l’agriculture familiale durable ! Habitué à s’occuper des animaux, il est en charge de l’attelage des bœufs de trait qui labourent les champs de la famille. Toute l’année, il prend soin d’eux, à l’étable pendant la saison sèche ou dans les champs à la saison des pluies.

Tout comme ses parents, Mathieu prend part aux activités agricoles, et plus précisément, au sarclage (désherbage), à la récolte, au battage-vannage (séparer le grain de l’épi de céréales) et au stockage.

Pas mal pour un garçon de 17 ans qui concilie, brillamment, école secondaire et activités à la ferme !

Arnaud est également le fils de Paul et Monique. Après avoir travaillé dans l’orpaillage (recherche et exploitation artisanale de l’or), Arnaud est revenu à la ferme familiale.

Grâce à son activité de menuiserie, il participe lui-aussi aux dépenses familiales (frais scolaires, de santé et du ménage). Actuellement, il a pour ambition de construire une cour additionnelle dans l’exploitation familiale afin de pouvoir y emménager avec sa femme et ses enfants.

Arnaud prête aussi main-forte dans les travaux champêtres et dans la manutention à la ferme.

A 5h du matin, la journée commence déjà dans la cour familiale. Les femmes balaient et nettoient la concession pendant que Mathieu nourrit le bétail avant de partir à l’école. Ensuite direction le jardin potager : on y fait un premier tour d’entretien et on récolte les légumes du jour, destinés à la fois aux repas familiaux et à la vente. Une fois fait, la préparation du petit-déjeuner peut commencer !

Après le départ de Mathieu et des autres enfants pour l’école, chacun poursuit ses activités. Paul s’occupe du potager et trie les semences de niébé à commercialiser. Natacha, sa belle-sœur, installe son étale à quelques encablures, au bord de l’artère principale, où elle vend des condiments. Monique, elle, se consacre à la fabrication du dolo, une bière locale à base de sorgho. Cette préparation quotidienne demande beaucoup de travail. C’est pourquoi d’autres femmes et filles de la famille lui prêtent main-forte. Chaque mercredi et samedi, elle vend le dolo devant la cour familiale. De son côté, Arnaud se rend régulièrement en ville, à Koupéla, pour chercher des travaux de menuiserie.

Aux environs de midi, les élèves rentrent à la maison pour le repas et abreuvent le bétail si Paul ne l’a pas déjà fait. En fin de journée, Mathieu ramène le bétail devant la cour de ferme, nourrit les porcs, puis rentre les chèvres et les poulets pour la nuit.

Image : Mathieu nourrit et amène le bétail à l’étable avant d’aller à l’école

Les saisons transforment le quotidien au Burkina Faso… Elles impactent directement l’alimentation des familles. Certaines périodes peuvent même mettre en péril la sécurité alimentaire. On parle alors de période de soudure. Il s’agit d’un moment critique, où les stocks de nourriture de la récolte précédente sont épuisés, alors que les nouvelles cultures ne sont pas encore prêtes à être récoltées.

Actuellement, la saison sèche est bien installée dans le pays depuis le mois de novembre. Caractérisée par un ensoleillement intense et très peu de précipitations, elle se divise en deux périodes : la saison sèche « froide » (de novembre à février), plus agréable ; et la saison sèche chaude (de mars à mai), avec une chaleur dense et des températures dépassant parfois 40°. Depuis le mois de novembre, un vent extrêmement chaud et chargé de poussières souffle sur le territoire et dessèche les terres jusqu’au mois de mai. On l’appelle l’harmattan.

A l’entame de cette rude période pour les habitants, la famille Kielem est à pied d’œuvre !

Image : Vue sur les champs en saison sèche

Malgré ces défis climatiques, la famille Kielem a tracé une feuille de route ambitieuse en matière de production agricole, à l’horizon de mai 2026 !  

Suite à la dernière saison des pluies, grâce à toute la famille, ils ont récolté 6 tonnes de céréales et de légumineuses, dont le sorgho (céréale), le niébé (haricot) et le maïs. Sur cette récolte, 4 tonnes seront destinées à la consommation familiale (sorgho et maïs), tandis que les 2 autres seront vendues sous forme de semences. Ils ont également récolté 200 kg d’arachides. Très consommées au Burkina Faso, les arachides sont notamment utilisées pour préparer la sauce qui accompagne quotidiennement le riz (apport nutritionnel important).

A peine la récolte terminée, la famille Kielem prépare déjà la prochaine campagne pluvieuse (entre juin et octobre). Elle prévoit de planter 1 hectare (ha) de maïs, 3 ha de Niébé pour la vente de semences, 1 ha de Sorgho, et 0,25 ha d’arachides.

Si les périodes de sécheresse sont de plus en plus fréquentes et que l’accès à l’eau pour le maraichage se complique en saison sèche, se résigner n’est pas une option pour toute la famille !

Image : Paul devant le grenier traditionnel où est stockée une partie des céréales pour la famille

En ce moment, l’une des activités principales de la famille réside dans le maraichage de contre-saison. Les légumes produits selon des pratiques agroécologiques servent à nourrir la famille, mais aussi à générer des revenus grâce à leur vente. Avec leur potager de 1600 m2, Paul et les femmes du ménage relèvent ce défi chaque jour ! Au programme : arrosage matinal, désherbage et récolte des légumes destinés au marché. On retrouve essentiellement de l’amarante, de la ciboulette, de l’oignon bulbe, de la tomate et de l’aubergine.

Vivant également de la vente des semences, la famille profite de cette période plus calme aux champs pour préparer les semences à commercialiser. Le tri des graines se fait entièrement à la main. Durant les prochaines semaines, ils s’attèleront donc au tri et au conditionnement des 2 tonnes de semences de niébé récoltées. Une tâche minutieuse : si le tri n’est pas suffisamment rigoureux, les semences peuvent être refusées à la vente.

Mais pour avoir de bonnes récoltes, les semences ne suffisent pas : il faut aussi un sol fertile ! C’est pourquoi les Kielem produisent déjà leur compost qui sera transporté dans les champs avant les premières pluies. Une fois la saison pluvieuse lancée, les travaux agricoles s’enchaineront : labour, sarclage, buttage, surveillance des cultures contre les oiseaux, puis viendront la récolte, le battage, le décorticage, le stockage…

Image : Paul en train de désherber la parcelle de maraichage (ciboulette, oignon feuilles, amarante et papayers)

Retrouvez les prochaines étapes de la vie de la famille Kielem dans la Newsleterre de juin, dans votre rubrique « Récoltes de terrain » !

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