Le potager scolaire, une pratique aux nombreux bénéfices

En 2021 et 2022, Iles de Paix a accompagné plusieurs écoles, au Bénin et en Belgique, dans le cadre du projet « Potagers du Monde ». Plusieurs classes de Wallonie, de Bruxelles et du Nord du Bénin ont ainsi été mises en contact et guidées dans le développement de potagers scolaires agroécologiques. Le projet a permis à près de 700 élèves de prendre conscience des actions qu’ils peuvent mener en faveur d’une alimentation plus durable, tout en apprenant et en échangeant sur l’expérience partagée autour de leur jardin scolaire. La FAO associe d’ailleurs cinq avantages notables à ce genre de pratique, tous bien visibles au travers de l’action d’Iles de Paix.

  • Apprendre et goûter de la nourriture saine

Bien que les jardins scolaires ne permettent pas de produire suffisamment pour nourrir toute l’école, ils contribuent à l’éducation nutritionnelle des élèves et peuvent même faire la différence pour une alimentation plus équilibrée. Ainsi, au Bénin, les légumes des « Potagers du Monde » ont largement contribué à la réalisation de la sauce aux légumes des cantines. « Il y a eu une amélioration des repas, parce que les légumes issus des potagers ont contribué à lalimentation des enfants à travers les cantines scolaires. Avant, il ny avait pratiquement pas de légumes dans les cantines parce que l’Etat n’en donnait pas. Ce sont les parents qui devaient apporter les légumes pour alimenter la cantine. Parfois, il n’y en avait pas. Nous mettions juste de de l’huile et des oignons dans le riz. La qualité nutritionnelle n’y était pas. Le potager a permis d’augmenter significativement la diversité des légumes », explique Alex Laleye, animateur du projet au Bénin.

  • Apprendre à cultiver des fruits et légumes

Les jardins scolaires peuvent servir d’inspiration pour les potagers à la maison. Ce que les enfants apprennent dans les potagers de l’école peut alors être mis en place une fois leur retour à leur domicile. Alex souligne que « grâce aux sensibilisations dans les écoles, les enfants ont répliqué les jardins à la maison. Les parents ayant vu l’approche, la production maraichère agroécologique, ont aussi adopté ces techniques-là. Ils ont appris cela par leurs enfants. » Hélène, élève de primaire à l’EPP Gnorgou au Bénin, est très fière du potager qu’elle cultive chez elle. « Jai du gombo, des haricots, des tomates, des piments. Je les récolte et nous les mangeons avec ma maman, mes petites sœurs et mes grands frères. »

  • Développer des compétences de travail en équipe

Mener un projet commun favorise les liens sociaux, l’esprit de collaboration, l’entraide entre les enfants, ainsi qu’avec différents acteurs scolaires ou extérieurs à l’école. Parmi ces derniers figurent, par exemple, le corps enseignant, des élèves d’autres classes, des parents ou grands-parents qui donnent de leur temps pour le potager, des apiculteurs ou apicultrices, agriculteurs ou agricultrices, etc. Ethel Ernoux, enseignante à l’école Saint-Jospeh de Spy impliquée dans le projet, met cet aspect en évidence. « Le potager crée avant tout des liens avec les autres, particulièrement lorsqu’on récolte quelque chose, qu’on en fait une recette et qu’on la fait gouter aux autres classes. Ces liens se créent même avec des personnes extérieures à l’école. Par exemple, à la fin de l’année, nous avions trop de salades donc nous sommes allés les donner aux voisins et voisines de l’établissement. »

  • Promouvoir une meilleure alimentation

L’enseignante de Spy met également en avant l’intérêt pédagogique du potager pour apprendre l’origine des aliments, que les enfants connaissent de moins en moins, même lorsqu’ils vivent à la campagne où les fermes sont nombreuses. Ethel Ernoux précise qu’il est possiblede relier le potager aux différentes matières enseignées. « Tout ce qui est parcelles ou carrés potagers, nous pouvons en faire de la géométrie. Nous pouvons calculer les espacements entre les graines. Nous pouvons faire du savoir-écrire pour relater nos projets, ou pour faire des listes de ce qu’il nous reste à faire. Nous pouvons également en faire des sciences, bien évidemment. Il est donc possible de raccrocher ce potager scolaire aux programmes sans aucun problème, même au sein du cours de citoyenneté ! » De plus, entretenir un jardin est aussi l’occasion de sortir de la classe, de pratiquer une activité physique et de reconnecter les enfants et les jeunes à une nature dont ils sont souvent de plus en plus éloignés.

  • Valoriser le travail de ceux et celles qui cultivent notre nourriture

Ce projet a également été l’occasion pour les élèves belges et béninois d’échanger sur l’expérience vécue au potager. Ils ont pu en apprendre plus sur les réalités rencontrées par d’autres personnes ailleurs dans le monde. Sandro Sciamanna, enseignant au Sacré-Cœur de Huy, retient surtout que « les élèves, via les photos envoyées, ont pu comprendre les problématiques et réussites rencontrées par leurs camarades du Bénin. Le fait de s’adresser à des enfants de leur âge a permis plus d’enthousiasme. Ils se sont sentis davantage concernés. D’une certaine manière, ils ont pu mieux apercevoir leur quotidien, comprendre aussi toute l’importance de leur potager ainsi que leur investissement dans ce projet. » Grâce à cette expérience de correspondance, les jeunes ont vécu un véritable échange interculturel, faisant de leurs potagers des vecteurs d’ouverture au monde.

Préférences des cookies

Les cookies permettent à ce site de fonctionner correctement et nous permettent de personnaliser les actions marketing (Google, Facebook et autres).

Lire notre politique de cookies
Lire notre politique de cookies