Partez à la rencontre des Kielem, une famille paysanne engagée dans la transition agroécologique au Centre-Est du pays. Découvrez comment, chaque jour, ils trouvent des solutions pour nourrir l’ensemble de cette belle famille. Vous apprendrez, entre autres, que pour atteindre leurs objectifs de production, ils doivent faire face à des contraintes techniques, écologiques, sanitaires et financières. A travers les numéros de la Newsleterre, projetez-vous, durant un an, dans le quotidien de cette famille burkinabè.

Si vous n’avez pas lu le premier numéro de cette visite immersive, c’est par ici !

Paul

Début juin, dans le Centre-Est du Burkina Faso, l’air est lourd et la chaleur intense. Dans quelques semaines, les premières pluies viendront transformer les paysages et marquer le début d’une nouvelle campagne agricole.

Mais avant que les semences ne rejoignent la terre, la famille Kielem est déjà pleinement mobilisée.

Entre activités maraichères, préparation des champs, entretien des animaux de trait et événements familiaux, chaque journée compte. Car lorsqu’on vit de l’agriculture familiale, la réussite de la saison des pluies se prépare bien avant la première averse…

Ces derniers mois ont été particulièrement heureux pour la famille Kielem.

Le 6 avril dernier, deux mariages ont été célébrés le même jour : celui d’Arnaud (voir photo), le fils de Paul et Monique, ainsi que celui de Paul-Marie, frère de Paul. Comme souvent au Burkina Faso, ces festivités ont rassemblé famille, voisins et proches venus partager ce moment important. Quelques semaines plus tard, quatre membres de la famille ont été baptisés.

Pour nourrir tous les invités, les poulets et les pintades de la bassecour ont joué un rôle essentiel. Quant aux moutons et aux chèvres, ils ont été précieusement conservés car ils constituent une épargne pour les besoins futurs de la famille.

Pendant ce temps, Mathieu poursuit son propre défi : à 17 ans, il passe cette année son examen du BEPC, une étape importante dans son parcours scolaire.

Alors que les grandes cultures attendent les pluies, le jardin maraicher continue de produire.

Depuis notre dernier numéro, les légumes-feuilles (comme l’amarante, la ciboulette, etc.) ont été récoltés puis vendus avec succès sur les marchés locaux. De nouveaux cycles de production ont déjà commencé. Les aubergines, elles, sont actuellement en pleine fructification alors que de nouvelles planches de culture sont préparées pour accueillir les futurs plants de tomates et de piments.

Alors que de nombreux producteurs voient leurs points d’eau s’assécher en cette période, certains producteurs et productrices disposent d’un accès sécurisé à l’eau. C’est le cas de la famille Kielem qui peut ainsi poursuivre ses activités maraichères grâce au forage d’une coopérative féminine voisine, alimenté par un système solaire et une pompe immergée.

Résultat : les légumes se vendent actuellement à des prix intéressants car la production devient plus rare dans la région.

Pour fertiliser les parcelles, la famille utilise principalement le fumier issu de son élevage de petits ruminants. Une manière de valoriser les ressources disponibles tout en préservant la fertilité des sols.

Image : Mathieu

Au sein de la famille, chacun et chacune contribue aux revenus du ménage.

C’est notamment le cas de Pauline, épouse d’un frère de Paul, qui développe une activité commerciale originale.

Chaque année, au moment où les prix de l’oignon sont les plus bas (mars-avril), elle achète des stocks d’oignons produits localement selon des méthodes agroécologiques. Grâce à leur bonne conservation, elle peut ensuite les revendre plusieurs mois plus tard, entre juillet et octobre, lorsque les prix augmentent fortement.

Une activité discrète mais précieuse qui participe à la résilience économique de toute la famille.

Image : Sur la photo, Pauline est en orange.

Pour Paul Kielem, la saison agricole commence bien avant les semis.

Dans la cour familiale, les quatre bœufs de trait sont déjà prêts. Pendant toute la saison sèche, ils ont été soigneusement entretenus grâce aux réserves de fourrage stockées après les récoltes précédentes. Une partie de ce fourrage est conservée à l’abri dans un magasin afin d’éviter les dégâts causés par les premières pluies.

Ce fourrage est crucial pour l’entretien des bœufs de trait à l’entrée de la saison hivernale. Sans ces animaux, impossible de préparer rapidement les parcelles lorsque la saison démarre.

Cette année encore, Paul participe à la foire semencière régionale organisée par l’INERA (Institution gouvernementale de l’Environnement et de Recherches Agricoles). Il y achète ses semences de base destinées à la production de semences certifiées qu’il espère revendre à l’Etat.

Il s’agit d’un processus long et souvent stressant qui demande un travail minutieux pour garantir la qualité du stock de semences. Un fois certifiées, ces semences seront mises à la disposition des producteurs à prix subventionné par l’Etat. Un travail exigeant qui demande rigueur et patience.

Lors de la campagne précédente, la famille avait proposé 17 sacs de semences de niébé à la certification. Treize sacs ont obtenu l’agrément officiel !

Cette reconnaissance change tout : alors qu’un kilogramme de niébé destiné à la consommation se vend autour de 300 FCFA, une semence certifiée peut être commercialisée à près de 1 000 FCFA le kilogramme.

La prochaine campagne sera principalement consacrée à la production de semences de niébé et de maïs, tout en maintenant les cultures de sorgho, d’arachide et de sésame pour la consommation ou la vente.

C’est le nombre de charretées de fumier que la famille prévoit de transporter vers les champs avant les premiers semis.

Un travail considérable qui illustre l’importance accordée à la fertilité des sols qui repose avant tout sur le fumier produit par les animaux de la ferme et sur le compost. Cette approche agroécologique permet d’améliorer progressivement la qualité des sols tout en limitant les dépenses liées aux intrants extérieurs.

Les premières pluies étaient attendues avec impatience.

A l’heure de la publication de cette Newsleterre, l’équipe burkinabè nous dit qu’elles ont démarré le week-end passé ! Avec elles, les champs s’animent : préparation des sols, semis, organisation du travail familial et premières récoltes.

Dans le prochain numéro, vous retrouverez la famille Kielem au cœur de cette période dense et si importante de l’année agricole.

Pour faire cette visite immersive et recevoir chaque trimestre des infos de terrain, du contenu fun et léger : c’est par ici !

Et pour voir la première partie de cette visite immersive : c’est par là !

Préférences des cookies

Les cookies permettent à ce site de fonctionner correctement et nous permettent de personnaliser les actions marketing (Google, Facebook et autres).

Lire notre politique de cookies
Lire notre politique de cookies