Partez à la rencontre des Kielem, une famille paysanne engagée dans la transition agroécologique au Centre-Est du pays. Découvrez comment, chaque jour, ils trouvent des solutions pour nourrir l’ensemble de cette belle famille. Vous apprendrez, entre autres, que pour atteindre leurs objectifs de production, ils doivent faire face à des contraintes techniques, écologiques, sanitaires et financières. A travers les numéros de la Newsleterre, projetez-vous, durant un an, dans le quotidien de cette famille burkinabè.

Si vous n’avez pas lu le dernier numéro de cette visite immersive, c’est par ici !

Quelques mois ont passé depuis notre dernière visite chez les Kielem. Entre-temps, les premières pluies sont arrivées, les semis ont commencé… et la vie de famille a continué son cours.

Pour cette famille paysanne, une nouvelle saison agricole ne ressemble jamais tout à fait à la précédente. Cette saison encore, il faut composer avec la météo, le travail à la houe, les besoins des uns et des autres, ainsi que les opportunités du marché. Avec, en ligne de mire, une même question : comment produire suffisamment pour vivre aujourd’hui et préparer demain ?

La saison des pluies a finalement commencé. Il aura fallu attendre la fin juillet pour voir les premières semences rejoindre la terre. Depuis, les pluies rythment les journées… parfois un peu trop car elles ont compliqué le désherbage. Chez les Kielem, cette tâche se fait à la main, à la houe (daba). Résultat : certaines parcelles de sorgho et d’arachide se sont fortement enherbées.

Grâce au travail effectué dans les champs avec l’aide de toute la famille, le niébé et l’arachide se portent maintenant particulièrement bien, tandis que le maïs présente lui aussi une belle physionomie !

Chez les Kielem, les cultures occupent plusieurs fonctions : nourrir la famille, générer des revenus et préparer l’avenir.

Grâce au niébé semé cette année sur 3 hectares, Paul a choisi de se consacrer à la production de semences, une activité devenue importante pour la famille.

Pour rappel, le principe est simple en apparence : produire de bonnes semences, les faire certifier, puis les vendre (voir Newsleterre de juin). Dans les faits, chaque étape compte. La famille a ainsi vendu sa récolte de niébé de l’année précédente à l’État et à une entreprise privée. Le prix était pratiquement identique, mais pas le délai de paiement. L’entreprise privée a payé rapidement, tandis que la famille attend encore une partie du paiement de l’État. Pour eux, ce décalage n’est pas anodin. Dans une exploitation familiale, au Burkina Faso comme ailleurs, les revenus agricoles servent à financer les dépenses du quotidien, mais aussi à préparer les prochaines campagnes.

Dans la famille, on sait saisir les occasions que le marché offre.

Sur une parcelle d’à peine 200 m², les Kielem ont produit une demi-tonne d’aubergines. Elles ont été vendues 100 000 francs CFA en deux mois, à une période où les aubergines étaient devenues rares sur les marchés locaux.

Une expérience qui donne des idées à Paul : pour la prochaine campagne sèche, il envisage d’agrandir la parcelle et de continuer à produire au moment où les prix sont les plus intéressants.

Même logique pour les oignons stockés par la sœur de Paul. Plus de la moitié du stock a déjà été vendue à bon prix. Tout n’a pourtant pas été parfait : une partie des oignons a pourri à cause de fuites dans le toit du petit local de stockage.

Une perte limitée, mais qui rappelle une réalité très concrète : entre une récolte et sa vente, il peut encore se passer beaucoup de choses. Si stocker permet d’attendre un moment plus favorable pour vendre, cela suppose aussi de disposer d’un lieu fiable pour conserver les produits, au risque de perdre une partie des revenus.

Pendant ce temps, la vie continue autour des champs.

Durant les vacances scolaires, Mathieu a contribué activement aux tâches agricoles. Depuis peu, il a repris le chemin de l’école où il poursuivra sa 3e année.

De son côté, Monique, la mère de famille, poursuit la production du dolo, la bière locale à base de sorgho. Elle la vend deux jours par semaine, le mercredi et le dimanche. Son activité vient compléter les revenus du ménage.

Quant à Arnaud, le jeune marié, il travaille désormais à temps plein comme menuisier à Koupéla. Ses journées sont bien remplies et il consacre moins de temps aux activités agricoles.

Et puis il y a la grand-mère, dont la santé préoccupe actuellement toute la famille. Elle vient de sortir de l’hôpital.

Chez les Kielem, les questions agricoles et les questions familiales sont donc étroitement liées. Une bonne récolte compte, mais elle ne règle pas tout. Les études, la santé, un mariage, une maison à construire : les besoins sont nombreux et les revenus doivent permettre d’y répondre.

Avec le mariage d’Arnaud, un nouveau chapitre s’ouvre car la famille souhaite lui construire une maison, où il pourra vivre avec son épouse et, demain, leurs enfants. Pour les Kielem, cette maison représente bien plus qu’un toit : c’est un investissement dans l’avenir et une manière pour Arnaud de construire sa vie sur place. Un choix qui compte d’autant plus qu’Arnaud avait déjà tenté sa chance dans l’orpaillage. Une expérience qui ne lui a pas réussi et dont il est revenu pour travailler comme menuisier dans la région.

Autre projet qui occupe les esprits : installer un forage.

L’objectif ? Développer l’arboriculture fruitière et renforcer les activités d’élevage. Une partie des terres actuellement consacrées au niébé pourrait être utilisée pour ce projet.

Mais avant de planter les premiers arbres ou de renforcer le cheptel, il faut réunir les moyens nécessaires.

Chez les Kielem, les projets ne manquent donc pas. Il faut maintenant trouver comment les financer, tout en continuant à produire, à nourrir la famille et à faire face aux imprévus.

La prochaine fois que nous vous donnerons des nouvelles, les cultures auront encore grandi. Certaines auront peut-être déjà été récoltées. Et chez les Kielem, il sera sans doute déjà temps de penser à la saison suivante…

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Vous avez raté les anciens numéros ? Vous pouvez retrouver ici la première et la deuxième partie de cette visite.

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